Les coureurs du Tour de France, dans les Alpes (à g.) en 2011 et dans les Pyrénées en 2010 (à dr.).
Les coureurs du Tour de France, dans les Alpes (à g.) en 2011 et dans les Pyrénées en 2010 (à dr.). - AFP

Romain Scotto

C’est un terrain de jeu qui n’amuse que les purs grimpeurs. La Madeleine, la Croix de fer, le Mollard, l’Aubisque, le Tourmalet, l’Aspin ou Peyragudes sont quelques-uns des grands cols que les coureurs empruntent cette année dans les Alpes ou les Pyrénées. Avant l’entrée dans la haute montagne par les Alpes jeudi, 20minutes se penche sur les spécificités des deux grands massifs français.

L’histoire: Alpes d’huez ou Tourmalet. A moins de programmer plus de 100km de contre-la-montre – tiens, tiens… – les victoires dans le Tour se construisent toujours sur les routes à forts pourcentages. De ce côté-là, les deux massifs français sont biens servis et possèdent chacun leur col roi. L’Alpe d’Huez (non programmé cette année) pour les Alpes, le Tourmalet (au programme) pour les Pyrénées. Aux yeux des coureurs, les deux se valent même si au nombre de franchissements, le Tourmalet reste imbattable (77 passages contre 27 à «l’Alpe»). La préférence de chacun étant souvent le fruit d’un souvenir d’enfance ou une question d’origine. Et puis, il reste toujours le Mont Ventoux pour trancher le débat.

Les conditions: Macadam fondu ou orages soudains. Pour les coureurs qui ne présentent aucune appétence pour la montagne le risque premier est l’asphyxie. De ce côté-là, les Pyrénées semblent légèrement plus abordables que les Alpes puisque les cols sont en moyenne moins élevés. «C’est mieux pour ceux qui ont du mal à s’oxygéner témoigne Luc Leblanc, ancien grimpeur chez Polti. Moi j’avais la chance de bien récupérer. J’arrivais à aller haut en altitude sans être gêné. Et j’aimais beaucoup la chaleur.» Le macadam fondu et l’absence d’ombre plombent généralement le peloton dans les Alpes. Mais côté mercure, les changements de températures sont plus brutaux à la frontière de l’Espagne où les orages inopinés animent parfois les fins d’étapes.

Les routes: Autoroutes à quatre voies ou chemins de bergers. S’ils pouvaient se plaindre auprès de la DDE, les coureurs tiendraient le même discours que Jean-Cyril Robin: «Je préfère les Alpes parce que c’est beaucoup plus roulant. Dans les cols pyrénéens, les routes sont mauvaises.» Grimpeur de moyenne montagne, l’ancien coureur de l’US Postal préférait aussi les pentes moins rudes des Alpes. «J’avais du mal à passer au-dessus de 8%. Si c’était un peu plus raide, je manquais de puissance.» Plus aérien, Laurent Brochard trouvait lui son compte dans les cols pyrénéens moins longs et plus approprié à ses qualités: «Dans les Pyrénées, il n’y a presque pas de vallées, ça monte, ça descend, sans répit. Ça me convenait bien.»

L’ambiance: Drapeaux basques ou bière hollandaise. «Ne courez pas à côté des coureurs!» Y compris vous Monsieur en string Borat, ou vous Madame déguisée en seringue géante. Si elle ne rôtit pas sur les plages de la Côte d’Azur au mois de juillet, la foule se masse dans les cols avec une légère préférence pour les Pyrénées où le peuple basque prend ses quartiers tous les étés. «J’ai souvent été poussé, raconte Robin. C’est de la folie quand on passe au milieu de ces fans d’Euskaltel qui s’écartent au dernier moment. Ils hurlent. Ça résonne dans la tête. Parfois, ce n’est pas très rassurant.» Dans les Alpes, il est aussi question d’une vague orange, mais elle déferle depuis le nord. Les Hollandais sont toujours là pour encourager les Rabobank, si bien que l’un des 21 virages de l’Alpe d’Huez leur est réservé. Un lieu mythique où l’Amstel est injectée en intraveineuse.