Le Français Yann Eliès a, pour sa 13e participation, remporté pour la première fois mercredi à Cherbourg-Octeville (Manche) la Solitaire du Figaro 2012, 33 ans après son père Patrick, vainqueur de la grande classique estivale en 1979.
Le Français Yann Eliès a, pour sa 13e participation, remporté pour la première fois mercredi à Cherbourg-Octeville (Manche) la Solitaire du Figaro 2012, 33 ans après son père Patrick, vainqueur de la grande classique estivale en 1979. - Charly Triballeau afp.com

© 2012 AFP

Le Français Yann Eliès a, pour sa 13e participation, remporté pour la première fois mercredi à Cherbourg-Octeville (Manche) la Solitaire du Figaro 2012, 33 ans après son père Patrick, vainqueur de la grande classique estivale en 1979.

Eliès a largement dominé la course, gagnant la 1re étape Paimpol (Côtes d'Armor) - Gijon (Espagne), finissant 3e de la 2e Gijon - Saint Gilles Croix de Vie (Vendée) et s'imposant une nouvelle fois dans la 3e Saint Gilles Croix de Vie - Cherbourg-Octeville.

Il avait déjà participé 12 fois à l'épreuve et fait deux podiums: 2e en 2004 et 2009. Il succède au palmarès à son compatriote Jérémie Beyou, vainqueur en 2011.

Une flotte de 37 skippers, dont 6 étrangers, avait pris le 24 juin le départ de la 43e édition de cette course unique au monde, associant sens marin à régate au plus haut niveau.

Le succès de ce marathon de 1379 milles tient d'abord au fait qu'il se dispute à armes égales, à bord de monocoques Figaro Bénéteau 2 (10,10 m) tous rigoureusement similaires. Ce monotype dessiné par Marc Lombard est rapide, marin, technique. Les budgets, enfin, restent raisonnables (environ 250.000 euros pour une saison) comparés à ceux des 60 pieds (18,28 m).

Eliès, 38 ans, a franchi la ligne d'arrivée mercredi à 09h18 locales (07h18 GMT), après 2 jours, 20 heures et 18 minutes de course. Ses compatriotes Morgan Lagravière (Vendée) et Erwan Tabarly (Nacarat), le neveu d'Eric, ont pris les 2e et 3e places.

Au classement général final, Eliès (Groupe Quéguiner-Journal des Entreprises) devance Lagravière, 25 ans, et Nicolas Lunven (Generali), 29 ans, qui avait gagné l'épreuve en 2009.

Lagravière, dont c'était seulement la 2e participation dans cette course (7e en 2011), a une nouvelle fois fait preuve d'une étonnante maturité et confirme son statut d'étoile montante de la voile océanique française.

"Il était temps!"

Dans la 3e étape, Eliès a pris les commandes de la flotte dans la nuit de mardi à mercredi, au cours de la dernière traversée de la Manche depuis la côte anglaise. Les voiliers de tête se sont livrés à une bataille énorme au cours de ce sprint final, dans la brise et à travers le "rail" des cargos.

"C'était ma treizième, il était temps!, a déclaré Eliès à l'arrivée. Après être passé deux fois si proche du but, là, je suis vraiment heureux. Et puis avec la manière en plus, avec cette victoire à la fin. Mais qu'est-ce qu'il faut se faire mal et s'arracher pour aller les chercher ces victoires!"

"Les trois marins derrière moi sont de futurs champions, a-t-il ajouté. L'un d'eux a déjà gagné la Solitaire (Lunven/3e), les deux autres (Lagravière/2e et Fabien Delahaye/4e) la gagneront aussi un jour. Ils sont très, très forts".

Cette victoire récompense un coureur qui aura préparé la saison 2012 "à l'ancienne" et sur ses fonds propres, ne décrochant un parrainage qu'à quelques heures du départ de Paimpol, le 24 juin.

Eliès est pourtant l'une des grandes figures de la course au large française, ayant couru sur toutes les mers du monde en solitaire et en équipage: The Race en 2001 avec Team Adventure, Trophée Jules-Verne (record du tour du monde en équipage) en 2002 et 2005 avec Orange 1 et Orange 2, Vendée Globe (tour du monde en solo) en 2008, etc...