Jo-Wilfried Tsonga, tête de série N.5, a été éliminé en demi-finale de Wimbledon vendredi par le Britannique Andy Murray (N.4) en quatre sets 6-3, 6-4, 3-6, 7-5.
Jo-Wilfried Tsonga, tête de série N.5, a été éliminé en demi-finale de Wimbledon vendredi par le Britannique Andy Murray (N.4) en quatre sets 6-3, 6-4, 3-6, 7-5. - Leon Neal afp.com

© 2012 AFP

Comme l'an passé, Jo-Wilfried Tsonga a échoué en demi-finale de Wimbledon, battu vendredi, malgré toutes ses vertus de guerrier, par meilleur que lui, à savoir cette fois-ci le Britannique Andy Murray.

Pour la troisième fois en demi-finale d'un tournoi du Grand Chelem, après l'Open d'Australie 2010 et Wimbledon 2011, l'avant-dernière marche s'est dérobée sous les pieds du N.1 français.

Il ne compte toujours qu'une finale à son palmarès, à l'Open d'Australie 2008. Il devra encore patienter avant de rejoindre Cédric Pioline (US Open 1993, Wimbledon 1997) comme le seul Français, depuis le début de l'ère Open (1968), à avoir atteint plusieurs finales du Grand Chelem.

Tsonga n'a toutefois pas à rougir de cette défaite. Pas plus que des précédentes. A Melbourne, il avait chuté devant Roger Federer, qui tentera dimanche d'égaler le record de Pete Sampras de sept titres à Wimbledon.

A Wimbledon, c'était Novak Djokovic, lequel est apparu vendredi moins surhumain que l'année dernière en s'inclinant face à Federer dans l'autre demi-finale, qui l'avait stoppé.

Cette fois-ci, il est tombé en quatre sets (6-3, 6-4, 3-6, 7-5) devant un excellent Andy Murray, qui a joué le feu pendant deux sets, avant de faiblir physiquement et de voir apparaître le spectre d'un quatrième revers d'affilée en demi-finale de Wimbledon.

L'Ecossais s'est finalement ressaisi pour devenir le premier Britannique depuis Henri Austin en 1938 à accéder à la finale du tournoi londonien. Le poids de l'histoire sera encore plus pesant pour lui dimanche.

Pour sa quatrième finale, il cherchera à décrocher le premier titre en Grand Chelem de sa carrière, et à ainsi devenir le premier Britannique depuis Fred Perry en 1936 (à Wimbledon) à accomplir cela.

Tsonga avait d'ailleurs bien conscience de ne pas avoir grand-chose à se reprocher. "Même si j'ai perdu, je suis fier de ce que j'ai fait. Même si j'ai commis des erreurs et que ce n'était pas toujours très bon, je me suis battu", a-t-il considéré.

Faisant preuve d'un réel caractère de champion, le Français a refusé de lâcher le morceau, malgré la perte des deux premiers sets, lors desquels Murray a évolué à un niveau bien supérieur.

Imperturbable au retour et en passings, l'Ecossais a fait du petit bois du jeu d'attaque de Tsonga, pris à la gorge dès que l'échange se prolongeait quelque peu.

A la fin des deux premiers sets, une statistique incroyable suffisait à résumer le match de Tsonga. Il n'avait marqué que 10% des points sur sa deuxième balle de service (2 sur 20, dont 0 point gagné dans la deuxième manche).

Le Français a alors pris quelques minutes hors du court pour se faire manipuler le dos. Se sentant mieux physiquement et comprenant la nécessité de tout donner, il s'est mis à mieux lâcher ses coups.

L'Ecossais a dans le même temps commencé à accuser le coup physiquement, permettant à Tsonga de prendre plus régulièrement les commandes de l'échange. La tension est montée dans le quatrième set, lorsque l'éventualité d'un retournement de situation est apparue.

Mais la stratégie du risque maximal de Tsonga n'a pas porté ses fruits sur ses deux balles de break à 4-4 dans le quatrième set. Au contraire, c'est Murray qui est parvenu à forcer la décision, d'un retour confirmé gagnant par le "hawk-eye" sur la balle de match après quelques secondes d'attente.

Pour Tsonga, arrivé à Londres blessé au petit doigt, la quinzaine restera positive. Elle lui permet de continuer à talonner les meilleurs au classement ATP et d'envisager sereinement l'avenir, à commencer par les jeux Olympiques dans moins d'un mois.