Jo-Wilfried Tsonga et Andy Murray devraient se livrer une furieuse bataille vendredi pour atteindre, pour la première fois de leur carrière, la finale de Wimbledon, chacun y voyant une opportunité à ne pas laisser s'envoler.
Jo-Wilfried Tsonga et Andy Murray devraient se livrer une furieuse bataille vendredi pour atteindre, pour la première fois de leur carrière, la finale de Wimbledon, chacun y voyant une opportunité à ne pas laisser s'envoler. - Andrew Yates Glyn Kirk afp.com

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Jo-Wilfried Tsonga et Andy Murray devraient se livrer une furieuse bataille vendredi pour atteindre, pour la première fois de leur carrière, la finale de Wimbledon, chacun y voyant une opportunité à ne pas laisser s'envoler.

Le Français et le Britannique sont les seuls parmi les cinq premières têtes de série du tournoi londonien à ne pas avoir remporté de titre du Grand Chelem. Pour eux, éviter en demi-finale l'un des trois monstres, Novak Djokovic, Rafael Nadal et Roger Federer est donc une bénédiction.

Tsonga, N.6 mondial mais tête de série N.5 à Wimbledon, a pris la place normalement réservée à Nadal. L'Espagnol a baissé pavillon dès le deuxième tour, ouvrant un boulevard au Français qui aurait dû l'affronter en quarts de finale.

C'est la deuxième fois en un an, et la quatrième fois de sa carrière, que le N.1 français s'invite dans le dernier carré d'un tournoi du Grand Chelem. Il est le seul avec l'Espagnol David Ferrer à venir troubler la hiérarchie.

La précédente apparition de Tsonga en demi-finale d'un "Majeur" date de l'an dernier à Wimbledon. Il avait réussi un exploit sensationnel en quart en remontant deux sets de retard devant Federer, avant de s'incliner face à Djokovic.

Cette fois-ci, il n'a pas eu à réussir de "choses exceptionnelles", selon ses propres mots, pour en arriver là. Il a juste fait le métier, avec conviction, le joueur le mieux classé sur sa route ayant été l'Américain Mardy Fish, 10e mondial.

Incertain avant le début du tournoi, en raison d'une blessure à un doigt contractée au Queen's, Tsonga peut-il gravir la dernière marche qui l'amènerait à sa deuxième finale de Grand Chelem après l'Open d'Australie 2008 ?

Il deviendrait alors le deuxième Français après Cédric Pioline (US Open 1993, Wimbledon 1997) depuis le début de l'ère Open (1968) à atteindre plusieurs finales du Grand Chelem.

Pression sur Murray

"Le favori c'est Murray", considère-t-il. "Il n'y a pas de secret. Il m'a battu beaucoup plus de fois que je ne l'ai battu. Il est chez lui. Il a plus joué sur gazon que moi dans sa carrière. Il est favori, mais reste à voir ce qui va se passer..."

Pour se préparer à la "tempête" qui s'annonce vendredi sur le Central, Tsonga s'est isolé jeudi sur un petit court à l'écart de la frénésie médiatique qui agite Wimbledon.

"Je sais que ça va être un match très compliqué, qu'il aura le soutien du public. Mais je sens que je suis près à ça", a-t-il assuré. "Je me prépare dans le calme pour avoir toute l'énergie qu'il faut demain (vendredi) pour pallier tout ça."

La pression entourant Murray est phénoménale. La Grande-Bretagne attend depuis 76 ans, et la victoire de Fred Perry à Wimbledon (1936), un vainqueur du Grand Chelem. Et le dernier Britannique à s'être hissé en finale du tournoi londonien est Henri Austin, en... 1938.

Murray y reste lui-même sur trois défaites consécutives en demi-finale. S'il perd, il deviendra le second joueur dans l'ère Open à s'incliner quatre fois en demi-finale sur le gazon londonien, après son compatriote Tim Henman.

Mais après ses échecs face à l'Américain Andy Roddick en 2009, et à Nadal ces deux dernières années, l'Ecossais, qui a atteint sa 10e demi-finale en Grand Chelem (3 finales), voit sans doute là se présenter sa plus belle chance.

Tsonga ne l'a battu qu'une fois, sur six, en 2008 à l'Open d'Australie. Et lors de leurs deux affrontements sur gazon, en quart à Wimbledon en 2010 et l'an passé en finale du Queen's, c'est le Britannique qui est sorti vainqueur.

Très bon en retour, Murray annihile la principale qualité du Français: le service. Et ses passings sont redoutables. "Même quand il est en grande difficulté, il est capable de sortir le coup qui gêne", prévient Tsonga.