L'Ecossais Andy Murray lors de son quart de finale contre David Ferrer, le 4 juillet 2012, à Wimbledon.
L'Ecossais Andy Murray lors de son quart de finale contre David Ferrer, le 4 juillet 2012, à Wimbledon. - REUTERS/Dylan Martinez

Antoine Maes

«Ça va être de la folie. De la folie douce bien sûr.» Jo-Wilfried Tsonga ne s’en fait pas une montagne. Vendredi, le numéro un français doit se coltiner le Britannique Andy Murray chez lui, en demi-finale de Wimbledon. Seulement «douce», parce que le Centre Court du All-England n’est pas la Bombonera. Mais aussi parce que l’immense attente qui pèse sur l’Ecossais peut aussi le faire dérailler. «Ca va être une petite pression car il va avoir en face de lui un joueur -moi- contre qui il est censé gagner.  Ça ne va pas être évident pour lui. Et puis, je ne suis pas le dernier des tondus sur gazon», promet le Manceau.

Mitchell: «En France, ils sont plusieurs joueurs à prendre la pression, quand Andy est seul» 

C’est ainsi, Andy Murray a sans doute plus de pression sur les épaules en demi-finale de Wimbledon qu’un Français au même stade à Roland-Garros. «Tsonga l’a dit lui-même cette semaine: en France, ils sont plusieurs joueurs à prendre la pression, quand Andy est seul», résume Kevin Mitchell, journaliste au quotidien The Guardian. Mais ce n’est pas le seul élément. «Ce qui peut être différent, c’est l’excès de la presse, assure Patrice Hagelauer, qui fut DTN outre-Manche à la fin des années 90. Je me souviens qu’après une demi-finale de Tim Henman, un journal avait fait une double page titrée “Pourquoi il ne gagnera jamais Wimbledon”. En France, on est plus dans la retenue.»  Il faut dire qu’au Royaume-Uni, on n’a pas vu la couleur d’un vainqueur sur le gazon londonien depuis… 1936 et Fred Perry, aujourd’hui plus connu pour ses t-shirts et polos casual. 

Hagelauer: «Andy revendique toujours son appartenance à l’Ecosse» 

Du coup, on est prêt à passer sur le fait qu’Andy Murray soit Ecossais. «Henman était le gentleman anglais typique, quand Andy revendique toujours son appartenance à l’Ecosse», décrypte Patrice Hagelauer. «C’est un vieux débat, dans les médias au moins. Murray s’en fout un peu. Il sait que s’il gagne, tout le monde va l’embrasser de John O’Groats [la pointe la plus septentrionale d’Ecosse, NDLR] jusqu’à Land’s End [son pendant méridional, NDLR]», se marre Kevin Mitchell. En somme, on n’aurait pas fait beaucoup mieux pour l’unité du royaume depuis très longtemps.

Wimbledon: Suivez la demi-finale Murray-Tsonga en live comme-à-la-maison sur 20 Minutes