Les joueurs espagnols, lors de leur victoire à l'Euro contre la France, le 23 juin 2012 à Donetsk.
Les joueurs espagnols, lors de leur victoire à l'Euro contre la France, le 23 juin 2012 à Donetsk. - Y.Herman/REUTERS

La rédaction sport

Quand on a tout gagné, il ne reste plus qu’un adversaire: l’Histoire. Et pour la presse espagnole, le débat est déjà tranché. «Cette Roja est la meilleure équipe de tous les temps», avance le journal Marca. Si comparer le Brésil de Pelé à l’Espagne de Casillas peut paraître aussi hasardeux que départager Ludwig van Beethoven et Bob Dylan, la question mérite d’être posée. Surtout au lendemain d’un triplé inédit.

Oui, son palmarès parle pour elle

«Ce qu'on a fait ce soir ne pourra pas se répéter.» Andres Iniesta s’avance un peu. A la décharge du meilleur joueur de ce championnat d’Europe 2012, ses copains et lui sont à tout jamais les premiers à avoir enchaîné trois victoires d’affilée dans un tournoi international (Euro 2008, Coupe du monde 2010, Euro 2012). L’Allemagne de Beckenbauer et la France de Zidane en ont rêvé, l’Espagne l’a fait. On la disait fatiguée et sans appétit, elle a prouvé qu’elle avait toujours faim. Une constance qui force le respect. Et comme le dit Vicente Del Bosque: «Être champion une fois, c'est difficile. Deux, c'est encore plus compliqué. Mais trois, c'est exceptionnel.»

Non, il lui manque quelque-chose

Avant sa démonstration finale contre l’Italie, la Roja n’a pas toujours été impériale. Loin de là. Certains vont évoquer la réussite propre aux grands. Cette réussite qui fait que le poteau est rentrant pour le tir au but de Cesc Fabregas et sortant pour celui du Portugais Bruno Alves. Inquiétante contre la Croatie, gestionnaire contre la France et poussive contre le Portugal, cette Espagne a manqué de flamboyance. On peut être admiratif devant son imperméabilité défensive (cinq buts encaissés en 19 matchs depuis l’Euro 2008 et surtout zéro en 10 matchs à élimination directe), les nostalgiques rétorquent qu’on est loin de la magie dégagée par le Brésil  de 70. Peut-être parce que l’Espagne n’a pas un Pelé ou un Maradona dans ses rangs. Mais en a-t-elle vraiment besoin? Sa force collective et son palmarès parle pour elle.

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