L'Espagne, championne du monde en 2010 et d'Europe en 2008, a signé dimanche en gagnant l'Euro-2012 un retentissant triplé Euro-Mondial-Euro encore jamais réalisé dans l'histoire du football, consacrant un style et une génération exceptionnelle.
L'Espagne, championne du monde en 2010 et d'Europe en 2008, a signé dimanche en gagnant l'Euro-2012 un retentissant triplé Euro-Mondial-Euro encore jamais réalisé dans l'histoire du football, consacrant un style et une génération exceptionnelle. - Franck Fife afp.com

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L'Espagne, championne du monde en 2010 et d'Europe en 2008, a signé dimanche en gagnant l'Euro-2012 un retentissant triplé Euro-Mondial-Euro encore jamais réalisé dans l'histoire du football, consacrant un style et une génération exceptionnelle.

En terrassant les Azzurri dimanche (4-0), Casillas et les siens sont définitivement entrés dans la légende du ballon rond.

A Kiev, les Rouges grâce à quatre buts de Silva, Alba, Torres puis Mata ont en effet réussi ce que l'Allemagne de l'Ouest de 1976 ou la France de 2002 avaient manqué: la conquête d'un troisième titre en l'espace de quatre ans.

Avec cette victoire qui fera date dans l'histoire du sport, l'Espagne boucle d'une certaine manière la boucle.

Selon l'avis de beaucoup des joueurs sacrés à nouveau dimanche soir, leur trajectoire glorieuse avait en effet commencé un 22 juin 2008, quand la Roja avait pris le meilleur sur l'Italie aux tirs au but en quart de finale de l'Euro co-organisé par l'Autriche et la Suisse.

Ce triplé historique consacre une génération de joueurs exceptionnels, parmi lesquels Casillas, Iniesta et Xavi Hernandez prennent une place toute particulière.

Il incarne surtout le triomphe d'une forme de jeu, le tiki-taka, ce football à base de passes courtes et répétées pour mettre hors de position l'adversaire, qui aura fait école chez d'autres adversaires et aura encore étourdi dimanche les Italiens.

Dans cet ultime succès qui aura redonné à une Espagne submergée par la crise économique quelques motifs de joie, Iniesta et Casillas auront tout particulièrement joué un rôle-moteur.

Iniesta restera comme ce milieu aux gestes d'anguille et aux passes assassines. Casillas a, une nouvelle fois, répondu présent en finale comme dans l'ensemble du tournoi quand son équipe avait le plus besoin de lui.

Décisif en match de poules face à la Croatie ou lors de la séance de tirs au but en demie face au Portugal, "San Iker" a fait honneur à sa réputation d'ange-gardien de la Roja.

Mais au-delà de ces deux joueurs, ce nouveau titre européen des Rouges est surtout dû aux convictions fortement ancrées d'une équipe qui a toujours su rester fidèle à son style de jeu, même quand celui-ci était contesté par certains esprits chagrins.

Alors que le jeu de l'Armada était tout à coup jugé "ennuyeux", Iniesta et ses partenaires n'auront pas hésité à maintenir le cap, se voyant récompensés au final pour cette opiniâtreté, jusqu'au feu d'artifice dimanche à Kiev.

Le coach Vicente Del Bosque est évidemment aussi à inclure dans ce succès: tout en maintenant le noyau dur du titre de 2008 conquis par son prédécesseur Luis Aragones, le sélectionneur espagnol a su y agréger de nouveaux venus sans trahir l'esprit de jeu global.

Le latéral gauche Alba, buteur dimanche après une fantastique accélération, l'une des révélations de cet Euro, est ainsi un élément sur lequel la Roja va pouvoir compter pendant longtemps.

Au firmament après ce triplé inédit, on ne voit pas pour quelle raison l'Espagne s'arrêterait de briller.

Et cela ne fait pas forcément les affaires de la France: lors des qualifications pour le Mondial-2014, l'Espagne triplement couronnée rencontrera notamment... les Bleus, à nouveau en chantier après le départ de Blanc.