Laurent Blanc part, faute d'accord avec l'autre président, Le Graët

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Publié le 1 juillet 2012.

PARIS - Laurent Blanc, surnommé "le président" durant sa carrière internationale, a annoncé samedi qu'il ne demanderait pas à prolonger son contrat de sélectionneur, faute d'accord avec l'autre président, celui de la Fédération française de football (FFF) Noël Le Graët.

"Lors de nos entretiens du 28 juin, nous (avec M. le Graët) ne sommes pas parvenus à trouver un terrain d'entente autour du management de l'équipe de France pour les 2 saisons à venir", a expliqué Blanc, 46 ans, dans un texte transmis à l'AFP.

"Dans ces conditions, et au terme du délai de réflexion supplémentaire convenu, je n'ai pu que lui (M. Le Graët) confirmer, ce samedi 30 juin, ma décision de ne pas demander le renouvellement du contrat qui me liait à la FFF", poursuit le champion du monde en 1998 et champion d'Europe en 2000 comme joueur avec l'équipe de France (97 sélections).

Simultanément, la FFF indiquait dans un communiqué qu'au "terme du délai de réflexion supplémentaire prévu (après une entrevue jeudi), Laurent Blanc a contacté samedi le président de la FFF, Noël Le Graët, pour lui indiquer sa décision de ne pas solliciter la reconduction de son contrat de sélectionneur national".

"Noël Le Graët en a pris acte et a tenu à saluer le travail effectué par Laurent Blanc à la tête de l'équipe de France depuis août 2010. Le Comité Exécutif de la Fédération se réunissant mardi, aucun commentaire ne sera fait par la FFF et son Président avant la conférence de presse programmée à l'issue de cette séance de travail", conclut la FFF.

En dépit du quart

Par l'utilisation par Blanc du terme "management", il faut peut-être voir la volonté politique du président Le Graët de ne pas faire de cadeau sur plusieurs aspects de la vie interne des Bleus, notamment sur la taille d'un encadrement trop élargi à son goût (une vingtaine de personnes pour un groupe de 23 joueurs à l'Euro).

L'ancien défenseur avait voulu que la prolongation de son contrat de deux ans (qui arrivait à échéance ce samedi soir) soit examinée avant l'Euro-2012, ce que le président de la FFF avait refusé, liant son engagement à la compétition en Ukraine et Pologne.

L'objectif fixé aux Bleus pour cet Euro par le président de la "3F" était d'atteindre les quarts de finale et de bien se comporter sur et en dehors du terrain.

Les Bleus ont bien atteint les quarts, battus par l'Espagne (2-0), alors qu'ils restaient sur deux éliminations aux premiers tours de l'Euro-2008 et du Mondial-2010.

Mais au niveau de l'attitude, des coups de canif ont été portés au contrat moral par les joueurs, Samir Nasri insultant la presse notamment.

Blanc, nommé sélectionneur après une seule expérience comme entraîneur à Bordeaux (2007-2010) auréolée d'un titre de champion de France (2009) mais achevée sur un sentiment mitigé, a peut-être commis l'erreur de négligé la personnalité des joueurs convoqués et d'ériger le terrain comme seul juge de paix.

"Je veux remercier aussi les joueurs pour leur implication même si tout n'a pas toujours été parfait", a commenté Blanc dans son communiqué.

Plusieurs entraîneurs, comme Claude Puel (Nice) ou René Girard (Montpellier) ont regretté qu'il n'ait pas pu prolonger sa mission.

Et maintenant Deschamps?

"Je trouve que c'est dommage. La sélection, c'est du long terme, là, il n'y était que depuis deux ans,", a déclaré René Girard, qui fut aussi entraîneur adjoint de la sélection.

Pour remplacer Blanc, le nom qui circule avec insistance est celui d'un autre champion du monde 1998, Didier Deschamps, annoncé sur le départ de son poste d'entraîneur de Marseille.

"Didier Deschamps pourrait être un bon sélectionneur, comme d'autres. Le président de la FFF a l'immense honneur et l'immense responsabilité de choisir le sélectionneur, a déclaré Michel Platini, président de l'UEFA samedi depuis Kiev. J'avais souhaité Jean Tigana en 2004, ça a été Raymond Domenech, c'était le choix du président. Mais à la fin, mieux vaut avoir bons joueurs."

Arrivé dans le tumulte de la grève de la honte des joueurs à Knysna le 20 juin 2010 en plein Mondial sud-africain, Blanc ferme la page des deux années écoulées avec un goût amer. Le nouveau chapitre sera-t-il plus calme ?

© 2012 AFP
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