Rafael Nadal est tombé le nez dans le gazon dès le deuxième tour de Wimbledon, victime d'un quasi-inconnu en état de grâce, le Tchèque Lukas Rosol, centième mondial et auteur d'une des plus grosses sensations de la décennie en cinq sets 6-7 (9/11), 6-4, 6-4, 2-6, 6-4.
Rafael Nadal est tombé le nez dans le gazon dès le deuxième tour de Wimbledon, victime d'un quasi-inconnu en état de grâce, le Tchèque Lukas Rosol, centième mondial et auteur d'une des plus grosses sensations de la décennie en cinq sets 6-7 (9/11), 6-4, 6-4, 2-6, 6-4. - Leon Neal afp.com

© 2012 AFP

L'Espagnol n'avait plus été battu au deuxième tour d'un tournoi du Grand Chelem depuis sept ans. C'était déjà à Londres, en 2005, par le Luxembourgeois Gilles Muller, l'un de ces grands serveurs qu'il craint plus que tout sur herbe. Les balles n'ont jamais semblé gicler de la raquette du double vainqueur de Wimbledon (2008, 2010), extrêmement décevant, à part au service (19 aces, soit trois de moins que son adversaire).

Mais le N.2 mondial a aussi été battu par un joueur qui a élevé son jeu à un niveau inimaginable pour un sans-grade du circuit. Rosol, un grand échalas d'1,96 m, a tapé de toutes ses forces dès que la moindre occasion se présentait, en particulier en coup droit. Il a dirigé l'échange du fond du court et contraint Nadal à défendre en permanence, sans beaucoup d'efficacité car l'Espagnol n'avait pas non plus les jambes qui viennent de lui permettre de remporter Roland-Garros pour la septième fois.

«Un miracle»

«C'est comme un miracle. Je n'aurais jamais espéré quelque chose comme ça. J'ai joué de manière incroyable aujourd'hui. J'espère pouvoir faire plus d'un match comme ça. C'est le meilleur moment de ma carrière», a réagi le vainqueur en sortant du Central.

Avant ce retentissant exploit, Rosol présentait un CV particulièrement maigre. Progressant très lentement dans le classement ATP, il n'a fait sa première apparition dans le top 100 que l'an passé, à l'âge déjà avancé de 25 ans, et n'est jamais monté plus haut que la 65e place. En Grand Chelem, sa meilleure performance était un troisième tour à Roland-Garros en 2011. Quant au tournoi de Wimbledon, il en découvrait le grand tableau après avoir échoué à plusieurs reprises en qualification.

Nadal est apparu en difficulté dès le début du match. Il a dû sauver trois balles de set avant d'arracher la première manche au tie-break (11/9), puis a été nettement en-dessous d'un adversaire euphorique lors des deux sets suivants. Il a semblé sur le point de retourner la situation dans le quatrième set mais, la nuit étant sur le point de tomber, il a fallu fermer le toit du Central et allumer la lumière. L'interruption de 45 minutes a brisé l'élan de l'Espagnol, qui s'est fait breaker dès le premier jeu de la dernière manche par un Rosol pas du tout déconcentré.

Sa pire défaite en Grand Chelem


Nadal subit un coup d'arrêt après sa superbe saison sur terre battue, qui lui a permis de renverser la vapeur dans son duel avec Novak Djokovic, bien parti désormais pour conserver sa première place mondiale que Roger Federer est le seul à menacer.

Redevenu le maître sur terre battue, le Majorquin n'a pas réussi à enchaîner sur une surface plus rapide qui convient moins bien à son jeu. Sa dernière victoire en tournoi sur une surface autre que la terre battue date d'octobre 2010 à Tokyo. Il s'agit d'une des pires défaites de l'ex-N.1, qui n'avait jamais perdu en Grand Chelem contre un joueur classé au-delà de la 70e place mondiale.