L'attaquant italien, Alessandro Diamanti, le 18 juin à Poznan.
L'attaquant italien, Alessandro Diamanti, le 18 juin à Poznan. - T.Gentile / REUTERS

Alexandre Pedro

Quel que soit le résultat de la demi-finale contre l’Allemagne, Césare Prandelli a déjà accompli sa mission. Il a «redonné le sourire à l’Italie». Pour arriver à ses fins, ce sélectionneur pour qui «les résultats ne sont pas la priorité», a donné sa chance à des joueurs sur qui personne ne pariait. Présentations avec quatre de ces soldats qui gagnent à être connus.

Alessandro Diamanti, le baroudeur

L’attaquant de Bologne incarne la volonté de Prandelli de donner leur chance à des joueurs aux parcours atypiques. Pratto, Empoli, Livourne, Brescia, un détour par West Ham ; Diamanti a préféré prendre les départementales plutôt que l’autoroute pour s’installer en Nazionale, à l’âge canonique de 29 ans.  «Je ne changerais rien à ma vie et si je le devais, je referais les même choix.» Depuis dimanche, ce pur gaucher n’est plus seulement connu pour son improbable chevelure (dreadlocks en fin de vie), mais comme l’auteur du tir au but décisif contre l’Angleterre.

Andrea Barzagli, le nouveau boss

L’Allemagne, ce  Toscan connaît. De 2008 à 2011, il est considéré comme l’un des meilleurs défenseurs centraux de la Bundesliga avec Wolfsburg. Une réputation qui reste bloquée à la frontière. Champion du monde mais remplaçant en 2006, Barzagli disparaît de la circulation avec le retour aux commandes de Marcello Lippi deux ans plus tard. Prandelli a toujours vu en lui l’homme de base de sa défense. Même blessé, il n’a pas hésité à lui garder sa place au chaud pour cet Euro. Contre l’Angleterre, l’Italie a retrouvé le Barzagli de la Juventus Turin. Calme, autoritaire et rassurant. Un patron.

Leonardo Bonucci, le pari

En vertu du code éthique instauré par son sélectionneur, le Turinois a bien failli être privé d’Euro. Comme Gianluigi Buffon, il est soupçonné – mais pas poursuivi – dans l’affaire de paris truqués qui secoue l’Italie. Si Saint Prandelli a peut-être perdu son auréole en lui maintenant sa confiance, il a gagné un remplaçant de qualité pour palier la blessure de Giorgio Chiellini (encore incertain contre l’Allemagne).

Riccardo Montolivo, l’Allemand

En balance avec le Parisien Thiago Motta, Montolivo est un peu le fils préféré d’un sélectionneur qui l’a eu sous ses ordres à la Fiorentina. Prandelli a toujours apprécié la finesse technique et la discipline tactique de ce milieu relayeur, capable d’évoluer derrière les deux attaquants (comme face à l’Angleterre). Pour la nouvelle recrue de l’AC Milan, cette demi-finale a une résonnance particulière. «Ce sera très spécial pour moi parce que je suis à moitié Allemand», explique celui dont une grande partie de la famille maternelle vit toujours en Allemagne.