Euro/Italie: Pirlo et Buffon, les empereurs

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Publié le 25 juin 2012.

KIEV - Une "Panenka" réussie pour l'un, un tir au but arrêté pour l'autre, et une empreinte impériale sur l'Italie, qualifiée pour les demi-finales de l'Euro-2012 aux dépens de l'Angleterre dimanche (0-0 a.p., 4-2 t.a.b.): Andrea Pirlo et Gianluigi Buffon sont éternels !

A eux deux, ils cumulent 67 ans et 205 sélections, mais pour le milieu de terrain et le gardien, l'âge ne fait rien à l'affaire: quand on est bon, on est bon. Et quand on est "l'Architecte" et le "Mur" de la Nazionale, on défend la maison Italia jusqu'aux finitions, jusqu'aux tirs au but.

Montolivo a raté sa tentative et Pirlo s'élance en troisième tireur azzurro. Le gardien anglais Hart tire la langue pour tenter de le déstabiliser, lui l'inébranlable, la sérénité faite footballeur... Et Pirlo de l'humilier d'une panenka.

Mais pas par fanfaronnade, non: par stratégie. "J'ai vu que le gardien était vraiment excité et j'ai pensé faire ça, a expliqué le milieu de 33 ans. C'était plus facile de tirer de cette manière et ça lui a mis un peu de pression".

Après une première période souillée d'un certain déchet, il a repris son rôle propre: depuis le cercle central, il a distribué le jeu en métronome, sans se presser, de transversales précises en ouvertures précieuses. Le Turinois a réussi 117 passes, soit un gros tiers du total anglais !

"Pirlo a été très bon, j'ai travaillé avec lui dans le passé et il a la classe, a analysé le sélectionneur de l'Angleterre Roy Hodgson. Nous avons essayé de l'avoir à l'oeil, mais il est trop bon pour rester en cage et il a été merveilleux... Son tir au but est typique de sang-froid et de classe".

Idem pour Buffon (34 ans). "Les tirs au but nous réussissent parce que nous avons de grands joueurs, qui sont concentrés totalement sur leurs gestes techniques, rien ne les dérange, a expliqué Cesare Prandelli. C'est une qualité extraordinaire. Buffon par exemple était prêt. Il savait qu'il pouvait faire tourner le match en notre faveur."

En bloquant le tir de Cole, "Gigi" a été à nouveau décisif, à l'extrémité d'un match où il n'aura quasiment rien eu à faire, tellement les Anglais ont refusé d'attaquer. Mais il a néanmoins effectué l'arrêt réflexe qu'il fallait, d'une main gauche ferme, sur une frappe à bout portant de Johnson (5e minute).

Celui qui détient depuis le Mondial-2006 victorieux le titre officieux de meilleur gardien du monde, lorgné par l'Espagnol Iker Casillas et le Tchèque Petr Cech, n'a rien perdu de sa superbe. Débarrassé de ses douleurs lombaires, "Gigi" a commandé la défense d'une Juventus championne et invaincue en 2011-2012 qui n'a concédé que 20 buts (16 pour Buffon) en Serie A.

"Sincèrement, c'est ma meilleure saison avec celle où nous étions allés jusqu'en finale de Ligue des champions" (2003, perdue aux... tir au buts contre l'AC Milan), avait-il dit.

Le gardien avait accueilli avec bonheur l'arrivée de Pirlo sans indemnité de transfert à la Juve après dix ans de très bons et loyaux services au Milan, "l'affaire du siècle" selon lui.

Coéquipiers en club et toujours piliers de la sélection, mais personnalités diverses. Buffon hurle l'hymne national les yeux fermés, quand Pirlo le chante comme une chanson douce. Sur le terrain, Buffon crie et se récrie, harangue et gourmande; Pirlo demeure d'humeur égale.

De manière anecdotique, une chose les rapproche néanmoins, leurs patronymes qui prêtent à rire en Italie, puisque Pirlo ressemble à "pirla" (une insulte graveleuse en dialecte lombard) et Buffon à "buffone" (bouffon). Mais il y a bien longtemps que cela ne fait plus rire personne...

© 2012 AFP
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