L'Italie retrouve le dernier carré d'une grande compétition à l'Euro-2012 après six ans d'absence, grâce à sa recette de toujours, la culture défensive et le don de la compétition, et a au moins effacé l'échec du Mondial sud-africain.
L'Italie retrouve le dernier carré d'une grande compétition à l'Euro-2012 après six ans d'absence, grâce à sa recette de toujours, la culture défensive et le don de la compétition, et a au moins effacé l'échec du Mondial sud-africain. - Jeff Pachoud afp.com

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L'Italie retrouve le dernier carré d'une grande compétition à l'Euro-2012 après six ans d'absence, grâce à sa recette de toujours, la culture défensive et le don de la compétition, et a au moins effacé l'échec du Mondial sud-africain.

La Renaissance progresse. L'équipe de Cesare Prandelli a écarté l'Angleterre (4 tirs au but à 2, 0-0) et s'aprête à retrouver son vieil adversaire, l'Allemagne, qui ne l'a jamais battue en phase finale d'une grande compétition.

"Pour progresser encore, il nous faut gagner ce genre de matches. Il nous en manque encore un peu pour être les meilleurs", disait le sélectionneur avant le match. Prandelli tient enfin son match référence. L'Italie n'avait plus battu un adversaire de valeur dans un grand tournoi depuis la France à l'Euro-2008 (2-0 au dernier match de poules).

Après matches deux nuls en Afrique du Sud, dont un contre la faible Nouvelle-Zélande, et une défaite contre la Slovaquie, elle n'a vaincu à l'Euro que l'Eire (2-0), plus mauvaise défense du tournoi (9 buts encaissés). Et dans son groupe de qualification, la Serbie, son adversaire le plus redoutable, s'était sabordée en perdant 3-0 sur tapis vert à Gênes à cause de la violence de ses supporteurs.

Andrea Pirlo, son meneur de jeu reculé, est dans la forme de sa vie et peut conduire son équipe au titre pour réussir le doublé Coupe du monde-Euro en six ans avec Gianluigi Buffon et Daniele De Rossi, comme les Allemands Jürgen Klinsman et Thomas Hässler (Mondial-1990-Euro-1996).

Balotelli et Cassano ont beaucoup tenté devant l'Angleterre mais n'ont pas été récompensés de leurs efforts, le premier ouvrant toutefois la série victorieuse des tirs au but aux siens.

La flexibilité tactique est un atout maître dans le jeu de Cesare Prandelli. Ses joueurs ont digéré le passage d'une défense à quatre travaillée pendant deux ans à une arrière-garde à cinq en une semaine, et l'ont appliquée contre l'Espagne, une des meilleures équipes du monde. Ils sont repassés à quatre pour les deux derniers matches avec la même aisance.

La culture défensive c'est ce qui reste quand on a tout oublié. "Nous sommes redevenus l'Italie que tout le monde connaît", a dit Buffon. Et sur ses valeurs elle peut gêner l'Allemagne et son attaque caméléon.

L'Italie, qui s'était laissée deux fois rejoindre au score en début d'Euro, contre l'Espagne (1-1) et la Croatie (1-1), n'a pas à se soucier de ce détail devant l'Angleterre, éliminée aux tirs au but. Et comme les efforts de Prandelli pour développer du jeu, conserver la balle et construire, ont laissé des traces, l'Italie peut croire à son destin.

Car au pays de la "scaramanzia" (la superstition), personne n'oublie que l'Italie est salie par le scandale des matches truquées du "Calcioscommesse", et qu'elle a gagné la Coupe du monde les deux dernières fois que cela lui est arrivé ("Totonero" en 1980-1982) et "Calciopoli" en 2006)...