Après l'élimination de la France en quart de finale de l'Euro-20102 (2-0 contre l'Espagne), se pose désormais la question de l'avenir du sélectionneur Laurent Blanc et des contours de l'équipe chargée de débuter en septembre les qualifications pour le Mondial-2014.
Après l'élimination de la France en quart de finale de l'Euro-20102 (2-0 contre l'Espagne), se pose désormais la question de l'avenir du sélectionneur Laurent Blanc et des contours de l'équipe chargée de débuter en septembre les qualifications pour le Mondial-2014. - Kenzo Tribouillard afp.com

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Après l'élimination de la France en quart de finale de l'Euro-20102 (2-0 contre l'Espagne), se pose désormais la question de l'avenir du sélectionneur Laurent Blanc et des contours de l'équipe chargée de débuter en septembre les qualifications pour le Mondial-2014.

. Quel avenir pour Laurent Blanc?

Le sélectionneur, dont le contrat expire à la fin du mois, est resté très évasif sur son futur après la défaite contre l'Espagne. "Il faudra faire l'analyse de cet Euro, a-t-il déclaré. On va le faire dans les jours qui arrivent. Il y aura des satisfactions et des déceptions et vous verrez ce qui se passera par la suite."

Avant l'Euro, Blanc n'avait pas caché son envie de poursuivre l'aventure pour emmener les Bleus au Brésil en 2014. Mais il s'était heurté à l'intransigeance du président de la Fédération française de football Noël Le Graët, qui avait émis comme condition une qualification en quart de finale pour effacer les débâcles de l'Euro-2008 et du Mondial-2010.

Le sélectionneur a réussi sa mission mais n'est pas forcément en position de force pour négocier après un Euro somme toute mitigé et conclu par une nouvelle polémique après les insultes proférées par Samir Nasri à l'encontre d'un journaliste.

La taille du staff, pléthorique aux yeux de M. Le Graët, sera l'un des principaux enjeux de la négociation. Mais Blanc sera aussi attendu sur la question de l'image.

S'il a évité un nouveau Knysna, le sélectionneur n'a pas réussi à empêcher la résurgence des ego et certains de ses choix sportifs (confiance accordée à la turbulente génération 87, brassard de capitaine confié au trop discret Lloris, coaching défaillant) ont de quoi interpeller.

Noël Le Graët et Laurent Blanc, qui doivent se rencontrer début juillet, sont pourtant condamnés à s'entendre. Le patron de la FFF, élu en juin 2011, devrait briguer un nouveau mandat à la rentrée et ne possède pas vraiment d'alternative à ce poste alors que le sélectionneur actuel, ancien champion du monde et d'Europe, jouit toujours d'une bonne cote auprès du grand public.

Malgré son désir de rester à la tête des Bleus, Blanc n'a de son côté jamais été insensible aux sirènes des clubs fortunés. Après l'Inter Milan, l'une de ses anciennes équipes, son nom a été récemment évoqué du côté de Tottenham mais il ne figurerait pas au sommet de la short-list.

. Avec quels joueurs?

A l'heure du bilan, Blanc devra méditer sur la confiance accordée à la génération 87. Hormis Karim Benzema, muet durant l'Euro mais volontaire, les trois autres ont failli tant au niveau sportif que de leur comportement.

Si Hatem Ben Arfa risque de s'être discrédité par son attitude après son match raté contre la Suède (0-2), le sélectionneur peut-il décemment couper la tête de Nasri et de Jérémy Ménez? Ce sera sans doute l'un des enjeux des négociations avec Noël Le Graët qui avait fait de la restauration de l'image des Bleus une de ses priorités.

Patrice Evra, 31 ans, dépassé par Gaël Clichy au poste d'arrière gauche et sous-utilisé à l'Euro (1 match sur 4), sera-t-il poussé vers la sortie?

Pour le reste, le groupe étant globalement jeune, tous ses cadres devraient poursuivre leur carrière internationale, notamment dans le sillage d'un Franck Ribéry en fin retrouvé et de Yohan Cabaye, révélation Tricolore de cet Euro.

S'agissant de la relève, si ouverture il y a, elle concernera des joueurs déjà dans l'antichambre des Bleus comme Mapou Yanga Mbiwa (23 ans), champion de France avec Montpellier et exclu in extremis de la liste des 23.

Yoann Gourcuff, l'autre recalé, garde toujours l'estime de Blanc. S'il retrouve ses facultés physiques et mentales, il pourrait revenir dans la course.

Il faudra aussi faire une place au blessé Loïc Rémy, dont la polyvalence en attaque aurait pu aider les Bleus en Ukraine.

Quant à Eric Abidal, absent pour des raisons de santé (greffe du foie), tout dépendra de l'évolution de son état et de sa capacité à reprendre une activité de sportif de haut niveau.