Franck Ribéry, le 5 juin 2012 contre l'Estonie, au Mans.
Franck Ribéry, le 5 juin 2012 contre l'Estonie, au Mans. - F.FIFE/AFP

Bertrand Volpilhac, à Donetsk

De notre envoyé spécial à Donetsk, Ukraine

Et il a écarté grand les bras, piqué le sprint le plus rapide de sa carrière avant de se jeter comme un gamin sur ses coéquipiers. Il était alors l’homme le plus heureux du monde. Il avait à peine 23 ans, une gueule d’adolescent balafrée et une poignée de sélection, et il avait inscrit ce soir-là face à l’Espagne le premier but de sa carrière en équipe de France. C’était en 2006, en huitième de finale de la Coupe du monde et grâce à un inconnu nommé Ribéry, la France allait réaliser l’exploit de sortir l’un des grands favoris de la compétition après une phase de poule médiocre.

Tiens donc, ce scenario nous évoquerait bien quelque chose... Certes, Zidane n’est plus là, l’euphorie populaire non plus. Mais Ribéry, lui, si, et samedi à Donetsk avec les Bleus, il essaiera de refaire le même coup à la Roja. Même si tout a changé pour lui depuis cette soirée historique à Hanovre. «Ti Franck» est devenu une star, a connu des années de tourmente, est redevenu lui-même. Car depuis le début de l’Euro, Ribéry est le Ribéry de 2006. Presque meilleur, même. Le seul en tout cas à faire des différences devant. «Pour moi, les choses se passent super bien en ce moment, avouait-il après la victoire face à l’Ukraine. J’ai joué beaucoup de bons matchs cette saison. J’ai retrouvé la confiance que j’avais perdue depuis un petit moment en équipe de France.» 

Cabaye: «Il s’est libéré d’une pression» 

Le déclic, c’est à Valenciennes qu’il l’a eu. Lors du premier match amical des Bleus, Ribéry est entré et a marqué. Puis deux fois encore face à la Serbie et l’Estonie. «C’est vrai que tout le monde attendait ce but, ça m’a fait énormément de bien», se contente-t-il d’expliquer. Yohan Cabaye va plus loin: «Il a travaillé et s'est libéré d'une pression qu'il avait en équipe de France. Il a vécu des moments pas faciles pour un footballeur et un être humain.» Comme tout récemment la défaite en finale de la Ligue des champions avec le Bayern face à Chelsea, aux tirs aux buts. «Peut-être que cette finale perdue lui a donné de la force pour avoir envie de tout casser», avance le milieu de Newcastle. 

Lui à qui l’on reprochait justement de n’être bon qu’au Bayern Munich s’impose comme le principal danger des Bleus, samedi. Au point même que le défenseur JuanFran espère qu’il sera dans «un mauvais jour». «A tout moment, il peut se créer une occasion de but ou délivrer un passe», reconnaît-il à raison. Celui qui partage le côté gauche de l’équipe de France avec Ribéry, Gaël Clichy, complète l’apologie de Francky: «Quand on a quelqu’un comme ça devant soi, il ne faut pas louper les passes et lui donner le ballon, s’amuse le Toulousain. C’est un régal de jouer avec lui.» Et si samedi soir il écartait  grand les bras avant de piquer le deuxième sprint le plus rapide sa carrière?