Les joueurs de l'équipe d'Espagne fêtent le but de Cesc Fabregas contre l'Irlande, le 12 juin 2012.
Les joueurs de l'équipe d'Espagne fêtent le but de Cesc Fabregas contre l'Irlande, le 12 juin 2012. - T.Bohlen / REUTERS

Bertrand Volpilhac, à Donetsk

De notre envoyé spécial à Donetsk, Ukraine

C’est un peu l’histoire de l’élève qui affronte son maître. Depuis qu’il est le sélectionneur de l’équipe de France, Laurent Blanc ne jure que par son futur adversaire en quart de finale, l’Espagne, et son jeu de petits espaces, de petites passes, de petits joueurs. Même s’il n’a pas toujours eu les hommes pour, le «Président» a construit son équipe pour qu’elle confisque le ballon, qu’elle démarre ses actions de sa défense, qu’elle domine techniquement. A l’identique de la Roja.

>> Le quart de finale France-Espagne est à suivre en live comme-à-la-maison samedi à partir de 20h30

«Moi c’est le football qui me plaît, répétait-il encore mercredi en conférence de presse. Non seulement il est plaisant, mais il est efficace car ils sont champions du monde et d’Europe. Ils ont une base de joueurs qu’ils connaissent très bien, ils ont des garanties dans le jeu. C’est ce vers quoi il faut tendre.» Attention, voilà le mais: «Mais en ce qui nous concerne, on est encore loin…» C’est incontestable. Face à la Suède, la «petite Espagne» a été minuscule, entre déchet technique, manque de simplicité et absence dans les duels.

Jouer en contres?

Et pourtant, il faudra bien gagner contre le modèle, samedi soir. «En jouant notre jeu» s’avance Blanc, sans trop y croire non plus: «Avoir plus le ballon qu’eux serait un exploit, poursuit-il. Il va falloir accepter de beaucoup courir derrière, de bloquer un maximum les espaces. Et quand on va le récupérer il va falloir avoir de la vitesse et de la profondeur.» En clair, jouer en contre, comme les Bleus «l’avaient fait en Allemagne (victoire 2-1) note Hugo Lloris. On est capable de prendre les espaces, de se retrouver devant le gardien en une ou deux passes.»

Peut-être même que cela conviendrait mieux aux Bleus. Capable de bien défendre, la France a le talent pour poser problème à l’Espagne, qui n’a pas franchement été rayonnante jusque-là. «Il suffit que l’Espagne ait un coup de mieux, soulève Reynald Pedros, demi-finaliste de l’Euro 96. Je suis plutôt optimiste, je sens que l’équipe de France va se qualifier. Je crois en son potentiel.» Les Bleus eux-mêmes en sont convaincus. «On a une bonne chance gagner, confirme Florent Malouda. Chaque fois qu’on a affronté une bonne équipe, l’Allemagne, l’Angleterre ou le Brésil, on a bien joué.» Et puis après tout, à la fin des films, l’élève dépasse souvent le maître, non?