Alain Boghossian, entraineur adjoint de l'équipe de France, lors d'une conférence de presse (jeudi 21 juin 2012 à Donetsk)
Alain Boghossian, entraineur adjoint de l'équipe de France, lors d'une conférence de presse (jeudi 21 juin 2012 à Donetsk) - AFP PHOTO / FRANCK FIFE

Propos recueillis par Bertrand Volpilhac, à Donetsk

De notre envoyé spécial en Ukraine,

Il était venu pour parler de son rôle dans le staff, il a été servi. Majoritairement questionné sur les tensions dans le vestiaire après France-Suède, mardi, Alain Boghossian, entraîneur adjoint des Bleus, s’est attelé à désamorcer une situation qu’il juge «normale et positive».

Est-ce que les tensions relatées dans la presse ce matin s’apparentent à un nouveau Knysna?

Ce n’est pas du tout comparable. Je vous le dis de suite. Il y a eu des échanges dans le vestiaire, et c’est tout à fait normal. Ca aurait même été pire s’il y avait rien eu. Après une défaite aussi grosse que celle face aux Suédois, où on est complètement passé à côté de notre match, on s’est dit les choses. C’est comme dans un couple, si vous ne vous dites pas les choses et que vous mettez tout sous le tapis, à un moment, ça explose. Là, on était qualifiés, donc on peut rebondir. Maintenant, on se prépare pour le match à venir, et j’espère que ce qui s’est passé va être un plus.

Est-ce qu’il y a quelque chose de cassé dans ce groupe?

Rien de cassé non, au contraire. Laurent (Blanc) a parlé, expliqué tout ce qu’il fallait expliquer quand le calme est revenu. A chaud, on dit souvent des bêtises. Mais nous avons fait une petite réunion après diner derrière le match pour éclaircir tout ça. Tout le monde a dit ce qu’il y avait à dire, on est repartis.

Y a-t-il eu un accrochage entre Laurent Blanc et Hatem Ben Arfa?

Non, c’est une discussion, un échange. Ils se sont expliqués. Laurent a remis tout à plat, puis ils se sont serrés la main à la fin, il n’y a aucun problème à ce niveau-là.

On peut lire aussi dans la presse ce matin que vous-même étiez tombé sur Philippe Mexès…

J’ai été énormément surpris de le lire. Il peut y avoir des accrochages dans un groupe - vous-même vous en avez sûrement dans vos rédactions - mais il n’y a pas eu d’échanges entre moi et Philippe. Nous avons discuté au niveau tactique, mais en aucun cas je ne lui ai dit que je n’étais pas content à cause de son carton. Ca arrive de prendre un carton. C’est bien de s’engager, même si ça ne servait pas à grand-chose dans cette zone-là du terrain. Si tout le monde avait eu l’engagement qu’il a eu lui, on aurait peut être pas fait ce match-là. Je n’ai rien à lui reprocher et d’ailleurs je ne lui ai rien reproché.

Est-ce que ces tensions sont nées des mauvais résultats ou sont-elles la preuve de vieilles rancœurs?

Avant, il n’y avait jamais eu de problèmes, pendant les 23 matchs. Voilà, on a pris un coup de massue derrière la tête contre la Suède, c’est logique que les joueurs soient frustrés. C’est un non-match et les joueurs l’ont exprimé par la parole. Y a eu un trop plein, il fallait vite l’évacuer, ça s’est fait, ça aurait pu être moins douloureux ou plus… Mais pour moi c’est positif. Tout le monde se parle, on n'est pas des «Bernardo». La communication est énorme entre les joueurs, ils se parlent tout le temps, ils sourient. On n'a rien à cacher. Ce sont des choses qui arrivent, il ne faut pas se voiler la face.