Six ans après sa dernière victoire lors d'une phase finale, la France a brisé la malédiction en venant à bout de l'Ukraine (2-0), vendredi à Donetsk, et espère que ce succès va agir comme un déclic et constituer le signe tangible de son renouveau lors de cet Euro-2012
Six ans après sa dernière victoire lors d'une phase finale, la France a brisé la malédiction en venant à bout de l'Ukraine (2-0), vendredi à Donetsk, et espère que ce succès va agir comme un déclic et constituer le signe tangible de son renouveau lors de cet Euro-2012 - Franck Fife afp.com

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Six ans après sa dernière victoire lors d'une phase finale, la France a brisé la malédiction en venant à bout de l'Ukraine (2-0), vendredi à Donetsk, et espère que ce succès va agir comme un déclic et constituer le signe tangible de son renouveau lors de cet Euro-2012.

L'instant est fort et n'a pas échappé à Laurent Blanc. Dès le coup de sifflet final, le sélectionneur a ainsi refusé de se projeter plus loin dans la compétition et réclamé un peu de répit afin de "savourer" les trois points obtenus.

Plus qu'une simple victoire qui ouvre quasiment en grand les portes des quarts de finale de l'Euro, il s'agit en effet d'une libération pour une équipe qui restait sur deux échecs cuisants (éliminations au 1er tour de l'Euro-2008 et du Mondial-2010) et n'avait plus remporté la moindre rencontre depuis la demi-finale du Mondial-2006 contre le Portugal (1-0).

Conscient de la perte de crédibilité de la France sur le plan international, Blanc n'avait d'ailleurs pas hésité à rappeler cette statistique à ses joueurs, et à leur fixer comme simple objectif de "gagner un match" à l'Euro, avant de revoir à la hausse ses ambitions (les quarts de finale) sous la pression du président de la Fédération française Noël Le Graët.

Cap psychologique

Les difficultés rencontrées en qualifications avaient montré l'étendue du chemin à parcourir pour récupérer un statut de grande puissance. Comme par hasard, cette équipe jeune et inexpérimentée n'était parvenue à se libérer que lors de matches sans enjeu (victoires en amical contre l'Angleterre, le Brésil et l'Allemagne), évoluant avec la peur au ventre dans les grandes échéances.

En guise de match référence, Blanc n'avait jusqu'ici qu'un succès en Bosnie (2-0 en septembre 2010) à faire valoir. Celui glané à la Donbass Arena vient opportunément de s'y ajouter. Ce fameux cap psychologique désormais franchi en phase finale, tous les rêves sont possibles.

"C'est en faisant des matches comme celui d'hier qu'on acquiert de l'expérience, a estimé Laurent Blanc. Pouvoir gagner ces matches-là, cela peut nous donner du courage et beaucoup de confiance pour la suite. Mais on a aussi fait des matches aboutis avant. On n'est pas invaincu depuis 23 matches en faisant de mauvais matches."

Malgré cette longue série d'invincibilité, le sélectionneur était tout de même resté sur sa faim depuis deux ans et avait encore des doutes sur le potentiel de ses Bleus. Il leur avait donc demandé de "se lâcher" contre l'Ukraine et à ses grands joueurs de se comporter comme tels.

"Des couleurs"

Il a eu gain de cause, Karim Benzema ayant évolué en leader d'attaque (deux passes décisives) tout comme l'autre star Franck Ribéry, intenable et élu homme du match par l'UEFA.

"Il fallait leur faire comprendre qu'il fallait qu'ils jouent, qu'ils dépassent leurs fonctions", a expliqué Blanc.

Les joueurs sont également persuadés que ce succès peut agir comme un détonateur pour la suite après le nul contre l'Angleterre (1-1).

"Gagner contre le pays-organisateur, ça peut être un tournant, a noté Yann Mvila. J'espère qu'on peut faire peur à certains."

"On est loin de penser que la France est devenue un favori. Mais ça montre que les Bleus retrouvent des couleurs. Après 23 matches sans défaite, on grandit petit à petit. Ce n'est pas à négliger", a estimé Gaël Clichy.

Pas question pourtant pour Blanc de verser dans l'angélisme et de croire que la France a repris sa place parmi les grands.

"On est heureux d'avoir gagné le match mais ça s'arrête là, a-t-il relativisé. On a battu les Ukrainiens, c'est bien mais il y a encore des choses à faire. Ne perdons pas l'objectif qui est le nôtre, on ne va pas se projeter plus loin."