Le milieu de terrain français Alou Diarra, le 28 mai 28 mai 2012 contre la Serbie, à Valenciennes.
Le milieu de terrain français Alou Diarra, le 28 mai 28 mai 2012 contre la Serbie, à Valenciennes. - REUTERS/Charles Platiau

Bertrand Volpilhac, à Donetsk

De notre envoyé spécial en Ukraine,

Tout coulait de source pour Laurent Blanc. La légère blessure de Yann M’Vila lui permettait de profiter de la puissance d’Alou Diarra face aux Anglais, jusqu’à ce que le Rennais reprenne sa place légitime devant la défense face à l’Ukraine. Tout, sauf peut-être la performance d’Alou Diarra. Très quelconque toute la saison avec l’Olympique de Marseille, l’ancienne «sentinelle» de Blanc à Bordeaux a réalisé un match titanesque lundi soir.

«Il a été énorme à la récupération» analyse avec lucidité son partenaire au milieu Yohan Cabaye. Plus que ça même. A la faute en lâchant le marquage de Lescott sur le but anglais, le natif de Villepinte (Seine-Saint-Denis) a dominé le combat dans sa zone, permis à la France de récupérer le ballon plus haut et failli marquer d’une double tête. Avec Samir Nasri, il a été le meilleur Français. A tel point que l’on peut se demander si Blanc peut aujourd’hui le sacrifier, comme le prévoyait son plan initial.

Blanc «peut compter sur lui»

«S’il y a des changements, ce sera dans l’optique d’améliorer les choses, mais en aucun cas une sanction», a expliqué Laurent Blanc, énigmatique. Faites de ces mots ce que vous voulez: face à une équipe moins physique, Laurent Blanc choisira peut-être l’apport technique de M’Vila. Ou alors préfère-t-il conserver la puissance et la simplicité de Diarra (100% de passes réussies au premier match). Voire les deux ensembles, avec M’Vila au niveau de Cabaye et Malouda sur le banc. Ca avait marché en Bosnie (0-2), lors du meilleur match de l’ère Blanc. «M’Vila l’a déjà fait avec nous, il le fait avec Rennes, il peut jouer un petit peu au-dessus de la défense, ils peuvent être complémentaires, analyse Blanc avant de faire de l’esprit. Mais ils peuvent l’être comme Benzema et Giroud [ndr: qu’il ne compte pas faire jouer ensemble au début].»

Quoi qu’il en soit, Diarra a déjà gagné son pari. Lui qui était présenté comme un joueur d’expérience «avec un rôle important dans le groupe» - entendre par là un remplaçant qui encadre les jeunes - a aussi trouvé le sien sur le terrain. «Je récupère, je dois ralentir les attaques adverses, les stopper», décrit-il. «On ne peut pas lui demander certaines choses, mais ce qu’il sait faire, il le fait très bien, poursuit un Blanc laudatif. Avec lui, je sais où je vais, on peut compter sur lui.» Ceux qui ont regardé la Ligue 1 cette saison s’en étoufferont peut-être, mais c’est vrai.