Andriy Shevchenko célèbre son deuxième but face à la Suède pour le premier match de l'Euro 2012, à Kiev, le 11 juin 2012.
Andriy Shevchenko célèbre son deuxième but face à la Suède pour le premier match de l'Euro 2012, à Kiev, le 11 juin 2012. - Martin Meissner/AP/SIPA

Bertrand Volpilhac, à Donetsk

De notre envoyé spécial en Ukraine,

C’était il y a un an. Si vous ne vous en souvenez pas, Marvin Martin, lui, risque de ne jamais oublier. Dans le même stade de la Donbass Arena de Donetsk, le jeune Sochalien inscrivait un doublé en bleu pour sa première sélection et offrait une large victoire à la France (4-1). Sauf que beaucoup de choses ont changé et que depuis, l’Ukraine est devenu un sérieux client. Voilà pourquoi.

Parce que l’euphorie

Disons-le tout net, l’équipe d’Ukraine est tout juste médiocre sur le papier. Ses meilleurs joueurs ont dépassé la date de péremption et les autres, on ne les connaît pas. Pourtant, cette équipe est dangereuse. D’abord parce qu’elle est chez elle et que comme le dit Hugo Lloris, «le contexte lui est favorable», comme toujours pour les pays organisateurs, que ce soit en termes d’arbitrage ou d’ambiance dans le stade – les 1.000 Français dans la Donbass auront bien du mal à se faire entendre. Mais surtout parce qu’elle est «dans un état euphorique», selon Laurent Blanc. La victoire face à la Suède en ouverture leur donne de la confiance et surtout le droit à l’erreur, ce qui leur permettra de jouer libérés. «On n’a pas de pression supplémentaire», assure ainsi le peu loquace Yaroslav Rakitskiy.

Parce que l’équipe n’est plus la même

De ce 4-1 (moins facile que le score ne le laisse croire), il ne reste que peu de survivants côté ukrainien. Alors quand on lui pose la question de savoir ce qui a changé depuis, Oleg Blokhine le flegmatique reprend son interlocuteur en beauté. «On ne va pas se souvenir de ça. Pourquoi ne pas se souvenir d’un match d’il y a 20 ans aussi? Ces deux rencontres n’ont rien à voir. A l’époque, il n’y avait que trois joueurs dans l’équipe de demain.» Quatre en fait (Nazarenko, Pyatov, Tymoshchuk, Voronine). Et ce n’était qu’une vulgaire tournée d’été…

Parce que Schevchenko

En Ukraine, il est la star. Plus que Voronine ou Tymoshchuk, qui ont eux aussi connu de belles carrières en Europe occidentale. Mais pas comme lui. L’ancien joyau de Milan (surtout) et de Chelsea (un peu moins) est devenu un dieu vivant depuis son doublé face à la Suède lundi. «Sheva est quelqu’un que je connais bien, lance un Laurent Blanc plein de respect. J’ai eu le plaisir et la chance de jouer contre lui. C’est un attaquant très compliqué à marquer. Il n’a plus ses jambes de 20 ans mais il est tellement malin… Il a l’art de se faire oublier et de réapparaître comme par magie au bon moment au bon endroit.» Si le Houdini local pouvait éviter des faires des siennes vendredi, les Bleus ne s’en porteraient pas plus mal.