Cédric Berrest (à gauche) et Julien Bahain, unis par l'amitié et la soif de l'or.
Cédric Berrest (à gauche) et Julien Bahain, unis par l'amitié et la soif de l'or. - F. Scheiber/20 Minutes

Nicolas Stival

Cédric Berrest (27 ans) et Julien Bahain (26 ans) se connaissent depuis dix ans. Les solides « BB » de l'aviron français rament ensemble depuis sept ans, d'abord en quatre de couple, puis, depuis 2008 après le bronze olympique de Pékin, en deux de couple. L'été dernier, Berrest le Toulousain a été rejoint par Bahain, l'Angevin étudiant à Compiègne, pour préparer au mieux les Jeux olympiques. Avec la finale du 2 août en point de mire. « A Pékin, on se battait pour une médaille, relève Berrest (1,91 m, 98 kg). Cet été, on ira à Londres pour gagner. »

« Nous avons les mêmes valeurs »
Toujours placés, mais jamais vainqueurs aux Mondiaux (une médaille d'argent, deux de bronze), les champions d'Europe 2010 devront composer avec un plateau d'une rare densité. « Six bateaux peuvent s'imposer », souligne Berrest. Mais tous ne cultivent pas leur complicité. Ainsi, les Slovènes se tournent le dos dès qu'ils posent les rames… « Nous avons les mêmes valeurs, souligne Bahain (1,90 m, 91 kg). Nous venons du même milieu, de familles nombreuses de la classe moyenne. Nous sommes bien élevés, travailleurs. Et, puis, nous sommes tous deux ingénieurs et très cartésiens. » « Nous sommes amis, et heureusement, car on passe 200 jours par an ensemble, davantage qu'avec nos copines, renchérit Berrest. Cependant, nous avons des traits de caractère différents. Avant une compétition, je vais avoir besoin d'être dans ma bulle, lorsque lui veut discuter. » Une fois leur diplôme en poche, l'an dernier, les deux rameurs ont été embauchés par la SNCF, qui les a aussitôt détachés à 100 %. « On a fait une saison idéale, apprécie Bahain. On a pu se préparer comme nos adversaires. » Quand le binôme ne se retrouve pas tous les matins à l'Aviron Toulousain, sur l'île du Ramier, pour quatre heures d'entraînement sur la Garonne, il part en stage ou dispute des compétitions, comme ce week-end à Munich. Une étape bavaroise qui constituera l'ultime répétition avant Londres. W

Une féroce concurrence internationale

De vendredi à dimanche, Bahain et Berrest rameront à Munich, sous la houlette de leur entraîneur Christine Gossé, pour la troisième et dernière étape de Coupe du monde après Belgrade (4e place) et Lucerne (3e) en mai. Les Allemands ont gagné -de peu- les deux courses précédentes. Autres rivaux : les Néo-Zélandais, les Anglais, les Australiens et les Slovènes.