Les Français Benzema, Nasri et Malouda, le 31 mai 2012 contre la Serbie, à Reims.
Les Français Benzema, Nasri et Malouda, le 31 mai 2012 contre la Serbie, à Reims. - AFP PHOTO / FRANCK FIFE

Bertrand Volpilhac, à Donetsk

De notre envoyé spécial en Ukraine

Ce fait mal au coeur d'être obligé de le reconnaître, mais sur une carte du monde, la France ne représente plus grand-chose. Vulgaire 14e du classement FIFA – derrière la Croatie ou le Chili, la meilleure équipe du début des années 2000 est rentrée dans le rang en se ridiculisant en mondovision sur le terrain et surtout à l’entraînement, il y a deux ans. Depuis, elle se reconstruit, patiemment, sagement. Une campagne de qualification sérieuse, quelques victoires prestigieuses en amical (Angleterre, Brésil, Allemagne), une série de 21 matchs de rang sans défaite et voilà même qu’elle peut légitimement s’avancer vers l’Euro 2012 en outsider à la victoire finale.

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Dans son esprit, en tout cas. Car dans celui de ses adversaires, les Bleus n’ont pas encore regagné leur aura d’antan. «Vous  avez beaucoup de très bons joueurs, de grands noms du football, estime le meneur de jeu de la République Tchèque, Tomas Rosicky. Après, toute la difficulté, c’est d’assembler tous ces noms pour en faire une grande équipe.» Ces noms-là, ce sont ceux de Samir Nasri, Karim Benzema ou Franck Ribéry, qui reviennent dans chaque discussion avec des supporters anglais et donne à eux seuls une certaine dimension à l’équipe.

Ribéry: «On est quand même un grand pays»

«Ceux-là auraient sans aucun problème leur place dans notre sélection» estime ainsi Phil, fan de Liverpool.  Jerome Pugmire, journaliste anglais pour Associated Press, confirme: «Les joueurs de l’équipe d’Angleterre savent qu’il y a eu du changement depuis 2010. Les joueurs qui jouent les impressionnent, ils respectent cette équipe.» Une considération aussi remarquée par Franck Ribéry, qui côtoie à Munich une ribambelle d’internationaux: «On commence à nous respecter de plus en plus, assure l’ailier. On est quand même un grand pays, et ça, on l'avait  perdu.»

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Du «respect» donc, mais pas encore de crainte. «Nous savons que c’est une bonne équipe mais nous connaissons ses forces et leurs faiblesses, assure le confiant milieu des Trois Lions Stewart Downing. Nous sommes confiants sur le fait que nous pouvons faire un résultat et nous n’avons pas de raison d’avoir peur». D’un statut à l’autre, il n’y a qu’un pas, qui pourrait être franchi dès lundi soir. On en reparle à ce moment-là, Stewart?