le pack des avants toulousains était plus fort que celui de Toulon lors de la finale du Top 14 jouée au Stade de France le 9 juin 2012.
le pack des avants toulousains était plus fort que celui de Toulon lors de la finale du Top 14 jouée au Stade de France le 9 juin 2012. - MARTIN BUREAU / AFP

AU Stade de France, Nicolas Stival

Auteur des 18 points de son équipe (le même total que contre Castres en demi-finale, 24-15) et d’un 100% de réussite sur pénalité (comme face au CO), Luke McAlister a largement contribué au succès du Stade Toulousain en finale du Top 14, samedi sur Toulon (18-12). Mais l’ouvreur néo-zélandais a surtout profité de l’incroyable travail de sape de son pack, sa première ligne Johnston – Servat – Steenkamp en tête. Privée du pilier droit All Black Carl Hayman (suspendu), son homologue varoise Lewis-Roberts – Bruno – Kubriachvili a souffert le martyre. «On a été trop dominés devant pour espérer quelque chose», reconnaît le centre toulonnais Mathieu Bastareaud, venu «mourir» lors d’un ultime «pick and go» à quelques centimètres de la ligne stadiste et, partant, d'une victoire quasiment miraculeuse.

Les avants stadistes brisent leur machine à mêlée !

«On ne croyait pas qu’on allait dominer autant que cela, admet le deuxième ligne toulousain Patricio Albacete. A Toulon [25-23 le mois dernier, en phase régulière], on avait été ultra-battus en mêlée. On ne voulait pas que cela se répète.» L’Argentin est interrogé sur les méticuleux réglages forcément peaufinés cette semaine, dans le secret du huis clos. «  Franchement, on na même pas travaillé ce secteur, s’esclaffe l’Argentin. La machine pour s’entraîner aux mêlées s’est cassée. On a même failli perdre William [Servat] et Gurthö [Steenkamp], qui se sont blessés lorsque cela s’est passé. » Apparemment, le talonneur désormais retraité, qui va succéder à Yannick Bru à la tête des avants du club, ainsi que l’impressionnant pilier gauche sud-africain, n’avaient pas de séquelles. «Rien ne pouvait m’arrêter avant cette finale», glisse Steenkamp, pas épargné par les pépins physiques depuis son arrivée à l’automne dernier, après le Mondial néo-zélandais.

Retraites glorieuses, finale ennuyeuse

Surmotivés par la perspective d’offrir une fin glorieuse à Servat (34 ans) et à Daan Human (36 ans), le pilier gauche sud-africain entré en fin de match, les avants toulousains ont largement gagné la bataille des tranchées de Saint-Denis.  «Les téléspectateurs incultes», évoqués par Bru, qui va s’occuper à plein temps du pack du XV de France, n’ont sûrement pas rêvé devant «ce match qui ne restera pas dans les annales» (toujours Bru). Tout à leur bonheur, les Toulousains s’en moquent. Mais si le rugby français veut continuer à profiter d’un vent porteur, il ne pourra pas se satisfaire longtemps, comme cette année, de finir la saison sur trois matchs (demi-finales et finale) sans essai, ni même coup d’éclat.