Le tennisman français Jo-Wilfried Tsonga, lors de sa défaite en quart de finale de Roland-Garros, le 5 juin 2012 contre Novak Djokovic.
Le tennisman français Jo-Wilfried Tsonga, lors de sa défaite en quart de finale de Roland-Garros, le 5 juin 2012 contre Novak Djokovic. - REUTERS

Propos recueillis par Romain Scotto

Longtemps, Jo-Wilfried Tsonga risque de penser à ces quatre balles de match. Le Français, battu par Novak Djokovic en quart de finale de Roland-Garros, n’a pourtant pas de regrets sur la façon dont il les a jouées. Il espère juste avoir le courage de «ne rien lâcher» pour viser de nouveau une demi-finale qu’il a touchée du doigt…

Vous disiez qu’aucun Français ne pouvait gagner Roland-Garros cette année. Est-ce que ce petit manque de confiance a joué sur les points décisifs?

Non. Je ne jouais pas pour gagner le tournoi, je jouais pour aller en demie. Je disais cela, et je pense que je n'ai pas tort. Aujourd'hui, on ne l'a toujours pas gagné et l'année prochaine, ce sera exactement la même question et la même réponse. Tant qu'il n'y en aura pas un de nous qui le gagnera, on ne pourra simplement pas dire que l'on est capable de le faire. C'est tout. J’aurais bien pris cette demie à Roland-Garros. C’est douloureux.

Etes-vous d’accord pour dire que c’est l’un des meilleurs matchs de votre carrière mais peut-être la plus difficile défaite?

Oui, c'est la défaite la plus difficile de ma carrière. Je n'en ai pas perdu tant que ça des matchs où j’ai eu des balles de match. J'ai dû en perdre un. Cela ne m'arrive que très rarement. C'est sûr que c’est un match qui va rester, un Roland-Garros en quart pour une place en demie. Sur les balles de match, je n'ai pas grand-chose à me reprocher, je mets un super passing-shot, il part du bon côté. C'est comme ça.

Que ressentiez-vous à la fin du match? De la rage, de la fatigue, de la déception?

Un peu de tout. Il y a de la fatigue. Il y a de la frustration. Il y a de la déception. On passe un peu par tous les sentiments. On a envie de casser toutes ses raquettes. On a envie de crier. On a envie de pleurer. On a envie de rigoler en disant «c’est une blague, comment j'ai fait pour perdre ce match». On a envie de se «réveiller».

Que s’est-il passé sur les balles de match manquées?

Il a très bien servi. J'ai bien retourné sur l'une de ses balles de match mais il a très bien enchaîné, il a très bien joué, il a été très agressif et c’est lui qui a marqué le point. J'ai joué un passing-shot pour conclure le point mais il est parti du bon côté. C'est comme ça. C'est le tennis.

Comment repartir de l’avant désormais?

Il y a des joueurs qui gagnent tout le temps. Et des joueurs comme moi qui perdent tout le temps. La déception est fréquente. Il me faudra du courage pour ne rien lâcher. J’ai touché du doigt ce dont j’avais vraiment envie.