Le Français Jo-Wilfried Tsonga, lors de sa victoire à Roland-Garros contre Stanislas Wawrinka, le 4 juin 2012.
Le Français Jo-Wilfried Tsonga, lors de sa victoire à Roland-Garros contre Stanislas Wawrinka, le 4 juin 2012. - R.Duvignau/REUTERS

Romain Scotto

C’est sûrement l’émoi d’une première fois. Vainqueur en deux temps de Stanislas Wawrinka, après un «supplice» psychologique et l’interruption du match par la nuit dimanche soir, Jo-Wilfried Tsonga n’a pas résisté au plaisir papal d’embrasser la terre du Central. Emu aux larmes après avoir fini le travail (6-4, 7-6, 3-6, 3-6, 6-4), le numéro un français est parvenu pour la première fois à se hisser en quart de finale du tournoi, où il retrouvera dès mardi Novak Djokovic pour une onzième confrontation.

En attendant, cette nouvelle victoire fait de lui le premier Tricolore à accéder aux quarts de tous les tournois du Grand Chelem. Et le 25e joueur au monde à intégrer ce cénacle. «C’est une grande performance qu’aucun d’entre nous n’avait pu réaliser. Moi je me suis arrêté en huitièmes», s’incline Cédric Pioline, prétendant au capitanat en Coupe Davis, bluffé par la constance et la polyvalence du 5e mondial. «Ça vous pose un joueur, enchaîne Julien Benneteau. C’est vraiment très fort, mais il s’en est donné les moyens.»

Galvanisé par la pression du public

Plus concentré sur son jeu que sur ses stats, Tsonga ignorait tout de son petit exploit. A 27 ans, le Manceau s’étonne presque d’être arrivé jusque-là. «Pour un joueur censé ne pas être bon sur terre battue, c’est une bonne étape. Je n’ai jamais été le plus doué de ma génération. J’étais bon, mais sans être celui qui a le plus de talent.» Son secret est d’abord mental: «Je crois en moi depuis que je suis tout jeune, je sais me battre.»

Il devra encore s’y employer mardi pour vaincre l’un de ses meilleurs ennemis en tournoi depuis la finale de l’Open d’Australie perdue en 2008. Face à Djokovic, le Français a déjà gagné cinq fois. Mais à l’époque, le Serbe n’était qu’un Top 10 en rodage. La pression du Serbe, lancé dans son «Djoko Slam», est-elle plus importante que celle d’un Français forcé de ne pas décevoir? Tsonga en est convaincu: «Moi, je n’ai rien à perdre contre le numéro 1 mondial. On m’a toujours parlé de cette attente du public ici à Roland et finalement elle me galvanise. La seule pression que je ressens, c’est de me demander comment je vais gérer si je continue à gagner.» Personne n’a oublié qu’il y a dix jours, il ne donnait aucune chance aux joueurs français de remporter le tournoi.