Thierry Dusautoir et l'homme du match à la boote magique, Luke McAllister, lors de la demi-finale  gagnée contre Castres le 2 juin 2012 au Stadium de Toulouse.
Thierry Dusautoir et l'homme du match à la boote magique, Luke McAllister, lors de la demi-finale  gagnée contre Castres le 2 juin 2012 au Stadium de Toulouse. - REMY GABALDA / AFP

De notre correspondant à Toulouse, Nicolas Stival

Bien sûr, Toulouse s’est appuyé sur un Luke McAlister en état de grâce (six pénalités passées sur six tentées) dans son antre du Stadium, pas si neutre qu’annoncé pour cette première demi-finale du Top 14. Bien sûr, les artilleurs castrais Romain Teulet et Pierre Bernard, parfaits en barrage contre Montpellier (31-15) ont cette fois « oublié » douze points. Mais au-delà d’une réussite au pied divergente, le sort de ce derby s’est joué en toute fin de première mi-temps.

L’incroyable sauvetage de Vincent Clerc

Réduit à quatorze après un carton jaune infligé au centre Florian Fritz (34e), le Stade Toulousain, qui mène alors 12-9, frôle la correctionnelle trois minutes plus tard lorsque Vincent Clerc rattrape et retourne dans l’en-but l’Ecossais de Castres Max Evans, que les 36121 spectateurs voyaient déjà aplatir. Mais cette rencontre fermée et physico-physique restera orpheline d’essai. «Quand tout est perdu, on s’accroche, on court après, et parfois ça paie», sourit l’ailier droit international toulousain.

Dans le feu de l’action, son homologue du flanc gauche Timoci Matanavou se met cependant à la faute et écope aussi d’une « pause » forcée de dix minutes. Bernard égalise (12-12), mais «c’est le vrai tournant du match», comme le relève Clerc. «Les Castrais n’ont pas très bien joué le coup tactiquement, assène l’arrière Clément Poitrenaud. On est treize, avec deux trois-quarts de moins, on est un peu déstabilisés. Et au lieu de prendre la mêlée, ils choisissent les points au pied. Ils ont été un peu frileux sur le coup.»

«On peut même dire qu’on a joué à douze»

 Le CO prendra un vrai coup de froid juste avant la pause, lorsque treize Toulousains survoltés iront récupérer une pénalité suite à un ruck dans les 22 mètres tarnais, afin de virer en tête (15-12). «On peut même dire qu’on a joué à douze, car je n’étais pas bien à ce moment-là, rectifie le capitaine Thierry Dusautoir, alors groggy. Mais l’équipe a su faire preuve de solidarité.» Aussi dépité que lucide, l’arrière castrais Romain Teulet constate avec justesse : «Les Toulousains n’ont pas fait un grand match, mais quand ils ont eu des occasions, ils ont su les concrétiser. C’est ce qui fait la différence entre les deux équipes. » Sorti blessé au début du deuxième acte, l’habituel buteur du CO a constaté, impuissant, à la mainmise grandissante des champions de France, revenus à égalité numérique, sur le match. Un banc de touche supérieur a achevé des Castrais impuissants et un brin abattus après avoir laisser passer leur chance. Ce dimanche, les Toulousains pourront tranquillement récupérer de leur débauche d’énergie sur leur canapé, pendant que Clermontois et Toulonnais se défieront, toujours au Stadium, pour rejoindre les champions en titre au Stade de France, samedi en finale.