Le tireur bordelais, sacré champion olympique à Sidney en 2000.
Le tireur bordelais, sacré champion olympique à Sidney en 2000. - g.arroyo / 20 minutes

propos recueillis par romain baheux

Il est un témoin majeur de l'évolution des Jeux olympiques ces vingt dernières années. A Londres, le pensionnaire du pôle France de Talence Franck Dumoulin participera à ses sixièmes JO. De Barcelone à Pékin, le tireur évoque les cinq précédents.

1992 : Barcelone, « mon cadeau de Noël ». « Dès l'entrée dans le village olympique, j'avais les yeux grands ouverts. Ces Jeux, c'étaient un peu mon cadeau de Noël. Je croisais Michael Jordan, je voyais les tennismen comme Henri Leconte s'entraîner... Sur place, j'ai vraiment ressenti l'effervescence dans Barcelone autour de cet événement. »

1996 : Atlanta, « les JO du business ». « Nous les athlètes, on a vite senti que l'on n'était que des pièces sur un échiquier. Pour moi Atlanta, ce sont les JO de l'argent. Toute l'organisation était pensée pour le business et pour le public, pas pour les sportifs. Je ne garde pas un souvenir transcendant des installations. »

2000 : Sidney, « la consécration ». « Tout a fonctionné comme sur des roulettes, du début jusqu'à la fin. A Sidney, tout le monde était aux petits soins pour les athlètes. Je suis devenu champion olympique (au pistolet 10 mètres), c'était la consécration. Le regard des autres sur mes performances a forcément changé à partir de ce moment-là même si je ne m'en rendais pas toujours compte. J'avais un nouveau statut. »

2004 : Athènes, « le revers de la médaille ». « Je pensais m'être préparé à la pression de JO avec un titre olympique à défendre. Au final, je n'ai pas réussi à passer au-dessus. C'est mon plus mauvais souvenir olympique. »

2008 : Pékin, « les JO des mille-pattes ». « Je me suis senti seul derrière mon pistolet, le staff de l'époque n'était pas à mon goût. Pékin, c'était les JO des mille-pattes. En une journée, un terrain de foot était équipé d'une pelouse. ça fourmillait de partout pour que ces JO soient les plus grands. »