Le joueur français Jérémy Chardy, lors de sa victoire au premier tour de Roland-Garros le 29 mai 2012.
Le joueur français Jérémy Chardy, lors de sa victoire au premier tour de Roland-Garros le 29 mai 2012. - G.Fuentes/REUTERS

Romain Scotto

Les Français ont trop souffert à Roland-Garros pour ne pas apprécier un bilan aussi reluisant. Avec 17 hommes et 6 femmes encore toujours en lice après quatre jours de tournoi (qualifiés pour le deuxième ou le troisième tour), la petite armée tricolore semble enfin trouver ses marques cette année à domicile. Explication en trois temps.

Des premiers tours abordables. Si souvent malmenés lors des premiers tours où ils servaient parfois de chair à canon aux têtes de séries, les Français ont été clairement épargnés cette année au tirage. Dans le tableau masculin, Tsonga, Simon ou Gasquet ont un tableau ouvert jusqu’en huitième. Idem pour Bartoli chez les femmes. Quant aux joueurs moins bien classés, ils ont tous évité les gros morceaux d’entrée. «Pour moi il n’y a pas eu d’exploit, juste des victoires assez logiques», observe Fabrice Santoro. L’ancien marathonien oublie juste la perf de Razzano face à Serena Williams, le plus gros coup d’éclat tricolore du premier tour. Le reste n’a rien d’une escroquerie. Avec 21 joueurs présents dans le top 200 mondial, la France est la nation la mieux représentée au plus haut niveau chez les hommes. «C’est relativement logique d’en retrouver autant dans un second tour, enchaîne Patrick Mouratoglou, le coach de Jérémy Chardy. Le problème, c’est que le but est d’avoir des joueurs qui gagnent des tournois du Grand Chelem. Pas des premiers tours.» Ou comment casser légèrement l’ambiance.

Une bonne préparation. Mis à part Julien Benneteau, présent sur les courts malgré huit jours de tennis dans les jambes, la plupart des Français ont abordé leur tournoi dans d’excellentes conditions. Beaucoup ont laissé pansements et mercurochrome à la maison. Du coup, malgré la longueur des matchs, les crampes, la chaleur, ou les bobos mineurs, les Français craquent rarement sur le court. Les matchs à rallonge de Paire, Chardy ou Razzano le prouvent. Pour Alexia Dechaume, coach en Fed Cup, la plupart réussissent en plus à élever leur niveau de jeu: «Si on compare avec les dernières années, ce n’était pas le cas. Il y a rarement un tel niveau et ces résultats. On les voit aller à fond dans les matchs dès le début. C’est la conséquence d’une bonne préparation sur les tournois précédents.»

L’effet maison. Où est donc passée la dose de stress qui paralysait si souvent les Français à domicile? «Le syndrome Mauresmo» ne frappe plus grand monde cette année. Pour l’ancien coach de la championne, Loïc Courteau (aujourd’hui avec Benneteau), l’expérience de quelques anciens porte enfin ses fruits à la maison: «Je pense qu’il y a pas mal de trentenaires qui connaissent bien le tournoi. Ils savent qu’ils ne vont pas en jouer énormément. L’émotion est passée du bon côté. Il y a vraiment du plaisir. Avant, il y avait une émotion négative. Plus maintenant.» L’appui du public n’y est sûrement pas pour rien. A la fin de leurs matchs, les Bleu(e)s ont d’ailleurs toujours une petite attention pour leur fidèles soutiens.