L'attaquant de l'équipe d'Espagne, David Villa, après un but contre la République tchèque en match de qualification pour l'Euro 2012, le 25 mars 2011, à Grenade.
L'attaquant de l'équipe d'Espagne, David Villa, après un but contre la République tchèque en match de qualification pour l'Euro 2012, le 25 mars 2011, à Grenade. - REUTERS

A.P. et B.V.

Ils sont blessés, en conflit avec leur sélectionneur ou tout simplement un peu trop vieux, et ils ne seront pas du prochain Euro. Alors que toutes les listes définitives des 23 joueurs composant les 16 équipes qui s’affronteront en Pologne et en Ukraine à partir du 8 juin prochain tombent une à une, 20Minutes a sélectionné onze joueurs que vous auriez pu voir, mais que vous ne verrez pas. Rien que pour vos regrets, voici le «dream eleven» des absents.

Le Gardien

Stéphane Ruffier (France)

La vie est mal faite. Auteur d’une grosse saison avec Saint-Etienne, Stéphane Ruffier se voyait déjà à la place de Cédric Carrasso. Laurent Blanc en a décidé autrement. De l’autre côté de la Manche, Roy Hodgson a dû prendre dans ses bagages le dénommé Jack Butland, 19 ans et une expérience qui se limite à la 4e division anglaise. «Vous comprendrez que nous n'avons pas beaucoup de choix en matière de gardien anglais», a-t-il justifié. On a bien cherché, mais Stéphane Ruffier n’a pas de grand-mère anglaise. Oui, la vie est mal faite.

Les défenseurs

José Bosingwa (Portugal)

Paulo Bento était un milieu de terrain agressif, il est devenu un sélectionneur un rien rancunier. José Bosingwa confirme. Aussi vainqueur de la Ligue des champions soit-il, le défenseur de Chelsea est tricard en équipe du Portugal. Tout ça pour avoir dit que Bento «avait un comportement conflictuel avec ses joueurs». L’intéressé l’a mal pris et viré l’insolent au profit de Joao Pereira du Sporting «qui offre plus de garanties au niveau émotionnel». Et pendant ce temps, Miguel termine une happy-hour longue de  quatre ans.


Rio Ferdinand (Angleterre)

Rio Ferdinand est quelqu’un d’intègre, dans un milieu où il vaut mieux éviter de l’être. Défenseur sur le terrain mais aussi dans la vie, la star du «back-four» de Manchester a publiquement pris parti pour son frère Anton face à John Terry, dans l’affaire de racisme présumé qui a ébranlé toute l’Angleterre, en décembre dernier. Si bien qu’il a mis Roy Hodgson, son nouveau sélectionneur, dans une position de lui ou moi. Manque de pot, il semblerait que John Terry soit plus utile que lui à la sélection des Trois Lions.

Carles Puyol (Espagne)

En Catalogne, quand on fait une blague (ou un groupe Facebook) sur un surhomme, on ne parle pas de Chuck Norris mais de Carles Puyol. «Carles Puyol n’est pas blessé, il donne simplement son corps pour faire progresser la médecine.» Oui, sauf que là, après sa 25e année de haut niveau à raison de 230 matchs par saison, ses genoux commencent à siffler pour de vrai. C’est pas grave, avec un été de repos, Carles pourra rejouer 90 minutes par match jusqu’à 43 piges.

Domenico Criscito (Italie)

Il y a les oubliés, les blessés, les pas qualifiés et il y a  Domenico Criscito. Cité comme témoin-assisté dans l’affaire des matchs truqués qui secoue l’Italie, le joueur du Zenit Saint-Pétersbourg n’est pas officiellement écarté de la Nazionale. Non, la fédération lui a juste proposé de rester chez lui pour mieux préparer sa défense. Une gentille attention, mais le résultat est le même: Césare Prandelli doit se trouver un nouvel arrière gauche.

Les milieux

Clarence Seedorf (Pays-Bas)

Cela fait dix ans qu’on explique la même chose à Clarence Seedorf: «Tu es très fort, mais il faut laisser la place aux jeunes.» Sauf que ça fait dix ans que Clarence Seedorf est toujours le même génie, somptueux passeur et dynamiteur de défense, pas plus perso qu’un Robben, pas moins fin qu’un Sneijder, pas moins combatif qu’un Kuyt. Même si c’est vrai que bon, maintenant, il commence à les faire, ses 36 ans.

Gareth Barry (Angleterre)

Si l’on cherchait à comparer Gareth Barry à un joueur de Ligue 1, on choisirait sans doute Florent Balmont, un travailleur de l’ombre toujours impeccable mais en déficit de reconnaissance. Sauf que leur vie diffère sur deux points. D’abord, Gareth Barry n’est pas titulaire à Lille mais à Manchester City, le champion d’Angleterre. Ensuite, l’Anglais est le poumon de sa sélection, quand Balmont enchaîne les pré-convocations sans suite en Bleu.  C’est bien, mais vu qu’il s’est blessé en match de préparation, Barry prendra ses vacances en juin. Tout comme Balmont.

Yoann Gourcuff (France)

Il devait faire oublier Zinedine Zidane, il connaîtra finalement  le même sort que Pierre Laigle et Martin Djetou. Recalé au dernier moment. «Avec nous, il n’est pas si mauvais que cela.» On aurait dû se méfier. Au moment de justifier la présence de Yoann Gourcuff  dans sa liste, Laurent Blanc était un peu léger. Le sélectionneur n’a même pas pris la peine d’expliquer l’absence de son ancien chouchou dans sa liste définitive. Fallait-il vraiment?

Les attaquants

David Villa (Espagne)

Aux cimetières des blessés pour l’Euro, David Villa est sans doute celui qui nous manquera le plus. Victime d’une fracture du tibia il y a plus de six mois, l’attaquant du Barça ne sera pas comme en 2008 et 2010 le meilleur attaquant de la meilleure équipe du monde. Et c’est bien dommage. Sauf pour la France, peut-être.

Jeronimo Cacau (Allemagne)

A l’inverse, on ne va pas se le cacher, Cacau ne manquera à personne. L’attaquant plein de punch de l’Allemagne, troisième choix derrière Klose et Gomez, n’est plus vraiment un foudre de guerre. Et Joachim Löw l’a bien senti, en lui préférant des garçons pleins d’avenir. Non, le vrai drame, c’est que sans Jeronimo Cacau (oui, c’est bien son nom complet), la rédaction de 20Minutes perd 50% de son potentiel blagues sur tout l’Euro. Adieu, les «chaud Cacau» en titre de votre site préféré. Quelle tristesse.

Roberto Soldado  (Espagne)

Depuis cinq ans, Roberto Soldado enquille sa quinzaine de buts par saison sans jamais passer par la case équipe d’Espagne. Au moment où Vicente Del Bosque pense enfin à lui, l’attaquant de Valence le remercie par un petit pion contre la Serbie en match de préparation. Logiquement, Roberto pense pouvoir découvrir la Pologne. Sauf que le lendemain, son sélectionneur tape à sa porte pour lui dire qu’il lui préfère Roberto Negredo. Roberto Soldado va passer un bel été.

Les remplaçants: Fabianski (Pologne), Carvalho (Portugal), Abidal (France), Klasnic (Croatie), Charisteas et Basinas (Grèce 2004).

Le sélectionneur: Fabio Capello

On aurait adoré voir l’Angleterre faire n’importe quoi encore une compétition. Mais c’est malheureux, Fabio Capello a décidé de démissionner, six mois avant l’Euro. A cause de l’affaire Terry (tiens, tiens…). Désormais, on est plus à l’abri de voir les Trois Lions bien jouer au foot.