Quand il en ressent le besoin, Frédérick Bousquet se branche sur son compte Skype. Depuis les Etats-Unis, où il s’entraîne à l’année, le nageur marseillais a pris l’habitude de discuter avec Thomas Sammut, le préparateur mental d’une quinzaine de nageurs du Cercle des nageurs de Marseille (CNM). Depuis trois ans, ce formateur en entreprise de formation, spécialiste de la programmation neurolinguistique (PNL) travaille avec tous les cadors du club, à l’exception de Giacomo Perez d’Ortona et Laure Manaudou.

«Je ne vais  jamais vers un nageur, j’attends qu’il vienne vers moi», confie le collaborateur de Romain Barnier, soucieux de ne pas être perçu comme un gourou des bassins. Présent à Dunkerque, il n’est pas là pour soigner un problème existentiel ou une faiblesse. Son travail consiste à renforcer le mental d’un nageur en travaillant sur l’homme. «J’ai des outils que j’adapte pour chaque mentalité. Le but est qu’ils soient en harmonie avec eux-mêmes. Il faut qu’ils soient bien en tant qu’individus. Après, il y aura des conséquences bénéfiques sur le sportif. Le nageur n’est qu’une partie de l’individu.»

La natation comme un hobby

Derrière cette feuille de route, il y a des mots échangés avec les compétiteurs qui ont tous la particularité de prendre la natation avec un certain recul, à l’image de William Meynard: «Je suis avant tout un homme. Ma vie ne s’arrête pas aux championnats de France. On s’en fout en fait. Tu te fais écraser dans la rue, c’est fini. Il vaut mieux vivre des choses avec la natation qu’à travers la natation. Dans ma vie, il y a ma copine, la moto… D’ailleurs si je me qualifie, ce sera mon cadeau. Je me prendrai une Harley.»

Le détachement est le même chez Camille Lacourt, un nageur qui ne veut pas se mettre une pression «de foldingue» en cas d’échec. S’il devait rester à quai à Dunkerque, il n’y aura pas «mort d’homme. La natation reste un hobby», philosophe le dossiste, très reconnaissant des bienfaits que lui apporte son préparateur. «Il a été d’une grande aide quand ça n’allait pas.» Mentalement, Lacourt est d’ailleurs celui qui impressionne le plus Thomas Sammut. A Shanghai, c’est d’abord son mental qui lui aurait permis de décrocher son premier titre mondial. Comme si avec son physique et sa technique, il n’avait pas assez d’atouts comme ça.