Thierry Dusautoir (au centre) accroché par deux joueurs irlandais lors du match France-Irlande, le 4 mars 2012 au Stade France.
Thierry Dusautoir (au centre) accroché par deux joueurs irlandais lors du match France-Irlande, le 4 mars 2012 au Stade France. - Christophe Ena/AP/SIPA

Alexandre Pedro

Un match nul du XV de France est un phénomène aussi rare qu’un bar vide à Dublin à la Saint-Patrick. Le dernier dans le Tournoi remonte au V Nations et à 15-15 contre… l’Irlande en 1985. Poussés par une des plus belles Marseillaises entonnées au Stade France, les Bleus ont vu leur rêve de Grand-Chelem poussé en touche avec Julien Malzieu sur la dernière attaque. Avec encore quelques trémolos en plus dans la voix, Philippe Saint-André décrit «un sentiment de défaite dans le vestiaire». 

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Les visages français saisis après la rencontre confirment le constat du sélectionneur. «On était abattus mais on a le sentiment d’avoir tout donné», nuance l’ailier Julien Malzieu. On peut ne pas être tout à fait d’accord avec son analyse: Thierry Dusautoir a vu ses Bleus plus verts que les Irlandais. «On a beaucoup plus créé de jeu que lors de nos deux premiers matchs, constate le capitaine. Mais une erreur stratégique et un ballon perdu nous coûtent cher.» 

Fofana marque encore

Quatorze points pour être précis. A la différence d’Ecossais passés champions du monde de la passe à quinze, l’Irlandais sait être beaucoup plus froid et clinique. A l’image de cette interception de l’ailier Tommy Bowe (13e) sur une passe d’Aurélien Rougerie visible comme le tarin au milieu de la figure. Avant la pause, ce même Bowe enrhume Clément Poitrenaud d’un petit coup de pied par-dessus.

Menés 17-6, les Français doivent galoper derrière le score en seconde mi-temps une fois de plus. Deux pénalités et un essai de Wesley Fofana (son troisième en trois sélections) permettent aux partenaires de Dusautoir de revenir dans le match. Même si la fable ne se termine pas trop mal, Julien Papé n’a pas aimé être une fois de plus le lièvre de l’histoire. «Ca fait chier, lâche le deuxième ligne. On doit livrer une débauche d’énergie incroyable pour revenir.» Face à l’Angleterre dimanche prochain, le Parisien et ses partenaires ont intérêt à bien régler leur réveil cette fois. «Parce qu’on ne retombera pas toujours sur nos pattes», conclut Julien Malzieu.