Dimanche, c’est Super Bowl entre les New England Patriots et les New York Giants. Pour beaucoup de Français, un spectacle qui semble venir d’une autre planète, où des athlètes herculéens et de grandes stars de la chanson se partagent le show. Richard Tardits, le seul Français à avoir évolué en NFL commentera dimanche le match sur W9 (à partir de minuit). Il balaie quelques idées reçues sur ce sport made in America.
Le football américain est un sport de bourrins. «Oui, il ya de l’engagement, mais il y aussi des parties techniques, qui demandent beaucoup plus de qualités spécifiques. Il y a une partie un peu de bourrins avec les protecteurs, qui ouvrent des brèches et une partie plus technique où des running-backs ou des receveurs vont exceller. Et puis il y a aussi des gabarits différents, un peu comme au rugby auquel on compare d’ailleurs un peu trop souvent le football américain. L’un des meilleurs joueurs des Patriots, le receveur Wes Welker, doit faire 1,75m pour 75kg. Il ya vraiment de la place pour tous.
Le football américain est un sport de dopés. «Le football américain, c’est une saison de quatre mois. Les gars ont sept mois de préparation physique. Et puis il y a 1500 joueurs sur 250 millions d’habitants : imaginez un peu la sélection naturelle. Chaque joueur de NFL est par ailleurs testé 12 fois dans l’année.»
Le football américain nécessite d’avoir une licence d’anglais. «On peut franciser les termes techniques, mais il faut trouver un juste milieu pour satisfaire tout le monde : les fans de la première heure et aussi ceux qui n’y connaissent rien. Mais même en France, un quarterback, ça reste un quarterback. Bon, c’est pas toujours pratique, c’est vrai.»
Le Super Bowl, ce qu’il a de plus intéressant, c’est le spectacle à la mi-temps et les pubs. «Aujourd’hui, il faut voir comment le sport américain est organisé. Dans les stades, il y a des bars à thème, des animations pour les enfants. Eh bien, le Super Bowl, c’est un peu pareil. Certains vont regarder la partie technique, d’autres les pubs pour Burrito ou Budweiser, d’autres Madonna à la mi-temps.
Le football américain, c’est pas pour les joueurs français. «Il y a des pays en Europe, comme le Bénélux, qui ont noué des partenariats avec des universités américaines. Chaque année, les deux meilleurs joueurs néerlandais reçoivent une bourse pour partir aux Etats-Unis. Ca a permis un peu de les faire connaître. De toute façon, c’est beaucoup plus logique pour un recruteur américain d’aller prendre gars qu’il a vu jouer, dont il a les statistiques, qu’un jeune Français. Mais certains Français, comme Marc-Angelo Soumah ou Philippe Gardent, sont passés près.»
Au football américain, à la fin, c’est les Patriots qui gagnent. «Si on regarde ça de manière statistique, il est certain que les Patriots doivent gagner. Mais il y a quatre ans, les Patriots sont arrivés en finale invaincus, ils avaient dominé outrageusement la saison, et pourtant les Giants ont gagné. Cette année, on repart un peu sur la même configuration de match. Ce qu’il faut garder en tête, c’est qu’au football américain, on peut marquer des points très vite.»