Espagnols et Français lors du mondial 2011, le 20 janvier 2011
Espagnols et Français lors du mondial 2011, le 20 janvier 2011 - M.DELPOZO/REUTERS

A Novi Sad, Bertrand Volpihac

De notre envoyé spécial à Novi Sad

Le handball est un des rares sports que Yannick Noah doit encore regarder avec plaisir. Avec ou sans leur fameuse potion magique, les Espagnols y sont toujours moins forts que nos Experts. Enfin… il faut le dire vite. Invaincus lors des trois derniers duels avec les Bleus (trois matchs nuls, dont le dernier lors du mondial 2011), les hommes du préhistorique gardien Hombrados (40 ans) ont souvent tendance à s’effondrer en fin de compétition, mais restent malgré tout l’une des seules équipes avec le Danemark à pouvoir rivaliser avec les Bleus. Autant dire que comme en entrée en matière, Bertrand Gille et compagnie pouvaient rêver plus calme.

«Le petit temps d’adaptation qui nous a parfois été nécessaire par le passé, cette fois-ci on ne l’aura pas, avoue le pivot des Bleus. Il faudrait faire preuve d’une très grande mobilisation dès le début et élever notre niveau de jeu par rapport à ce qu’on a fait jeudi face à la Norvège.» Car malgré leur victoire (28-24) lors du dernier match de préparation, les Bleus n’ont pas été vraiment convaincants. «Face à l’Espagne, si on met cette même intensité, ça ne suffira pas», tranche d’ailleurs l’arrière Daniel Narcisse.

Une défense en 5-1 atypique et inquiétante

Coéquipier d’une bonne partie de cette équipe ibérique à l’Atletico Madrid, l’ailier Luc Abalo sait à peu près ce qui attend les Bleus: «La plupart des joueurs évoluent à Barcelone, ou à l’Atletico… C’est juste le champion d’Europe et le finaliste de la Ligue des champions!». Et même sans le gardien titulaire, Sterbik – le meilleur gardien du monde avec Omeyer, dixit Luc Abalo – ça a de quoi faire peur.

«C’est un vrai favori au titre, enchaîne Gille avant d’en énumérer les qualités. Ils ont une très bonne relation avec leur pivot, d’excellents finisseurs, et une capacité à souvent prendre les bonnes décisions. Et puis leur défense est très piégeuse.» Ah, cette fameuse défense en 5-1, avec un homme avancé jouant l’électron-libre pour couper les passes, les Experts en font des cauchemars. «S’ils essayent de reproduire cette défense que l’on fait à l’Atletico, on risque d’avoir des problème, soutient Abalo. C’est très atypique, ça n’a rien à voir avec les défenses qu’on peut voir en France.»

Heureusement qu’il y Guillaume Joli, l’autre ailier gauche français, jouant lui aussi en Espagne à Valladolid pour nous rassurer. «Cette 5-1, on l’a travaillé. On le craint car c’est une défense efficace, mais on s’est préparé à toutes les éventualités.» Et certainement pas celle de voir la meilleure équipe du monde tomber d’entrée.