Dakar 2012: Autos-motos, la mésentente cordiale

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Publié le 11 janvier 2012.

RALLYE-RAID - Parfois le rallye se transforme en remake de «Fast & Furious»...

Ce n’est pas le périphérique parisien aux heures de pointe, mais il n’y a pas toujours la place pour deux sur la piste du Dakar. Mardi, Stéphane Péterhansel n’a pu éviter un motard embourbé dans un gué alors qu’il courrait après Robby Gordon. En douze ans, jamais le leader du classement auto n’avait renversé un deux roues. Lors du choc, survenu à très faible allure, Filippo Ciotti n’a pas été blessé et s’en est juste sorti avec un moteur noyé. Mais l’incident ravive le problème de la cohabitation des différents véhicules sur la piste. Depuis deux ans, l’organisation s’évertue à différencier les parcours, pour éviter les dépassements entre autos et motos, notamment. Tous les soirs au briefing, David Castera répète les mêmes consignes de sécurité, en cas de rencontre inopinée.

D’après le règlement, les pilotes sont obligés de déclencher leur système Sentinel, un avertisseur sonore qui fait office de klaxon pendant la course. Le pilote le plus lent doit alors s’écarter et se laisser doubler. Mais c’est là que les soucis interviennent. «Les champions, les vrais pilotes, ils te balancent un coup de Sentinel au bon moment. Tu as le temps de te pousser, reconnaît Julio Ano, un motard amateur. Mais derrière, t’as une bande de champions du quartier qui estiment que ce n’est pas la peine. Ils ne t’avertissent pas. Ils sont dangereux.»

«Dans leur bagnole, certains se foutent des motards»

Pierre Cherpin, un autre amateur, livre le même constat. «Un pilote comme Gordon roule vite, mais il a la gentillesse de passer super large. Il y en a qui sont moins sympas. Ils passent sans déclencher le Sentinel. Du coup, je ne sais plus si mon système fonctionne. Ça met le stress.» Lors de la quatrième étape, un autre motard qui préfère rester anonyme, accuse un buggy blanc de l’avoir percuté de côté. Blessé à la cheville, il a jeté l’éponge sur le coup. Parmi les autres incidents, il y a ce camion ayant roulé sur une moto, pendant que son pilote aidait un autre concurrent. Ou ce Kamaz, mis hors course pour ne pas avoir porté assistance à une voiture percutée. Et quelques jolis coup de pression.

«L’autre jour, la piste faisait quinze mètres de large et un mec m’a collé pour me doubler, fulmine Julio Ano. Là je n’ai pas pu m’empêcher de lui faire ça (il mime son plus beau doigt d’honneur.) Dans leur bagnole, certains se foutent des motards.» Du coup, quand on le bipe, l’amateur prend ses précautions. «Je freine et je sors de la piste de quatre mètres. Je perds du temps mais au moins je ne me fais pas exploser par les bagnoles.» Du côté de l’organisation, on comprend la peur des motards, en difficulté dans la poussière des autos. Mais globalement, les incidents seraient moins nombreux que les années précédentes. Les vieux routiers du rallye se souviennent d’une époque plus tendue, où il fallait coller un concurrent à moins de deux mètres et le klaxonner pour le doubler. Donnant cette fois aux routes du Dakar des allures de périph parisien.

Romain Scotto, à Arica (Chili)
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