Dakar 2012: Vis ma vie de porteur d'eau

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Publié le 11 janvier 2012.

RALLYE-RAID - Qui sont ces pilotes prêts à se sacrifier pour leur leader...

Une roue à changer, un boulon à serrer ou un disque d’embrayage à réparer et ils accourent sur le champ. Pour eux, la course se résume à une mission d’assistance rapide, auprès d’un leader à la dérive. Toujours en retrait, les «porteurs d’eau» du Dakar ne parlent jamais haut. Ces hommes de l’ombre n’ont aucune ambition personnelle. Ils sont d’abord là pour assouvir celle d’un autre.

Chez KTM, comme dans toutes les structures majeures, les rôles sont clairement définis à l’avance. Pedrero est le second de Coma. Faria, celui de Desprès. Contractuellement, les deux seconds se doivent donc d’aider leur leader à tout moment: «Il faut être tout le temps derrière lui, s’il a besoin de quelque chose, je lui donne», glisse Ruben Faria, qui partage le camping-car de Desprès au bivouac. Entre Copiapo et Antofagasta (au Chili), il a ainsi échangé sa vitre de road book avec celle du Français, couverte de boue.

Un espoir de promotion?

S’il roule un jour plus vite que son leader, l’équipier est obligé de lever le pied. Un rôle qui n’a rien de frustrant, selon lui. «C’est juste mon travail», enchaîne Faria qui le compare à celui d’un «gregario» du Tour de France. Pour lui comme pour ses patrons, l’essentiel est de faire gagner son équipe, KTM, quel que soit le nom du lauréat. Un jour peut-être, il sera promu numéro un, en cas d’incident de course ou s’il devance régulièrement son leader en spéciale.

David Casteu a déjà vécu ce type de promotion. Pendant deux ans, le pilote Yamaha roulait derrière Isidre Pujol, avant de prendre sa place après une chute. Le motard français, en galère cette année, se souvient de cette époque où il roulait sans pression. «Je roulais bien, le manager m’a dit: tu deviens leader. Cette place, je l’ai gagnée sur la piste, pas sur des contrats, des sponsors, du piston. C’est une grande fierté.»

«Des compagnons, des confidents»

Sur la route sablonneuse d’Arequipa, le rôle de porteur d’eau prendra tout son sens, jeudi. David Castera a prévu un bivouac à part pour les motards. Privés volontairement de leur assistance, ils seront livrés à eux-même dans cette ville du sud du Pérou.  Ancien équipier de Péterhansel, le directeur sportif du Dakar a souhaité mettre en avant le travail de ces travailleurs de l’ombre qui devraient ménager leurs pneus pour les offrir le lendemain à leur cador. Ces «compagnons, confidents», qui préparent le road book avec leur pilote et qui, selon Castera  «incarnent une notion d’équipe», au-delà du simple soutient mécanique. Le rallye-raid à visage humain, quelque part.

Romain Scotto, à Arica (Chili)
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