Dakar 2012: La course vue par les femmes de pilotes

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Publié le 5 janvier 2012.

RALLYE-RAID - Comment vivent-elles le Dakar de leur mari à distance...

Retrouvrez le carnet de route de notre blogueur, David Casteu en cliquant ici...

Elles ne mangent pas de sable, ne transpirent pas, n’ont pas vu l’ombre d’un cactus, mais stressent autant que les pilotes du Dakar. A 10.000km de la pampa, les femmes des concurrents vivent par procuration l’aventure de leur compagnon. Sur Internet, mais surtout par téléphone. Comme Barbara Béthys, la femme de Thierry, la plupart guettent l’appel de Monsieur en permanence et se rongent les ongles dès que les nouvelles manquent. Entre le motard et sa femme, le rite est le même à l’arrivée de chaque spéciale. «Dès qu’il pose un pied au bivouac, c’est juste un «oui, je suis arrivé, ne t’inquiète pas.» Après il va manger, et il me rappelle dans la soirée quand il est plus cool.» A ce moment-là, Barbara respire et peut essayer d’aller dormir.

En général, le sommeil n’est pas son meilleur ami début janvier. Loin de son mari, celle qui tient le garage moto de Challans dort très peu pendant la course. «Je mets mon réveil à sonner pour voir les émissions sur France 4, et être sûr de ne pas louper les images. J’angoisse de plus en plus au fil des années.» Sa hantise? Que son motard ne l’appelle pas, en général parce que son matériel de localisation déraille. Chaque année, elle y a droit au moins une fois. «Son truc ne capte plus et moi j’appelle dans tous les sens, à Paris, les mécanos. Je crains l’accident...» Pour partager l’aventure de son mari, Barbara actualise aussi son site Internet, parfois très tard dans la soirée.

«S’il m’appelle, c’est que ça va mal»

Murielle Prot, la femme d’un copilote auto attendra aussi le retour de son mari pour renouer avec les douces nuits. En l’absence de Thierry, c’est elle qui s’occupe du garage et de la fourrière dont ils ont la charge à Auxerre. Jour et nuit. Avec Patrick, les coups de fils sont réguliers mais pas quotidiens. «Je suis tous les jours sur Internet. On ne s’appelle que de temps en  temps. Mais tant que c’est lui, ça va. Je redoute un appel du team et que ce ne soit pas lui. C’est ma crainte. Qu’il ne revienne pas.»

Côté communication, Claude-Agnès Smulevici a choisi une autre option. Ne jamais appeler Etienne, son mari depuis quarante ans, dont trente rythmés par le grand stress du Dakar. En quinze jours, pas un coup de fil depuis l’Argentine. «S’il m’appelle, c’est que ça va mal. Soit il a eu un accident, soit il a cassé quelque chose. Il peut m’appeler pour me rassurer, mais c’est que ça s’est mal passé. Moi et les enfants croisons les doigts.» La famille du pilote de 63 ans préfère le laisser se concentrer sur sa course. Bonne nouvelle, le couple ne s’est pas encore parlé cette année.

Romain Scotto, à Fiambala (Argentine)

 

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