Dakar 2012: En voiture avec les peintres du Dakar

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Publié le 5 janvier 2012.

RALLYE-RAID - Ils ne connaissent rien en mécanique mais sont toujours en course...

Retrouvrez le carnet de route de notre blogueur, David Casteu en cliquant ici...

Hilarité générale à la cantine du bivouac. On blague entre puristes. «Tu te rends compte, Ils avaient un filtre à gasoil avec eux, ils ne savaient pas ce que c’était». «Et l’autre jour, un fusible du compresseur a pété, ils ne l’ont même pas changé (nouveau rire général).» A la table, cinq mécanos attendent l’arrivée de la voiture 439, conduite par Frédéric Thueil, assisté de son père. Deux pilotes amateurs, pas très copains avec la mécanique. Les deux hommes, peintres en bâtiment de métier, assument totalement leurs lacunes en matière de carbu, injection, vidange, transmission et tout ce qui ce qu’il y a sous le capot.

Sont-ils seulement capable de changer le liquide de refroidissement? «Euh, à la limite, le liquide pour laver le pare-brise», sourit Frédéric, le pilote du 4X4 Toyota version 1996. «On sait quand même changer une roue», enchaîne le père qui table sur un bon quart d’heure pour finaliser l’opération. A 36 ans et 60 ans, les Thueil prouvent qu’avec un budget solide, le Dakar est à la portée de tous. Sans rien y connaître, il est au moins possible de prendre le départ de la course. Un bon coup de volant et un physique solide suffisent. «Mais tout à fait, appuie Frédéric. Si on ne l’a jamais fait jusqu’à présent, c’est parce qu’on croyait que c’était pour les professionnels. Qu’il fallait s’y connaître, toucher en mécanique. Mais non. Si c’est bien clair avec l’assistance pour qu’elle reste derrière, il n’y a pas de problème.»

«Le classement, on n’en a rien à foutre.»

Car les deux novices ont tout prévu en cas de pépin. Pendant la course, trois camions d’assistance dirigés par Michel Boucou, les suivent à distance. Pour l’instant, tout se passe parfaitement. Mais au moindre souci, «les bahuts feront tout ce qu’il faut pour nous tirer, se réjouit le père. La mécanique ça ne nous intéresse pas du tout. Les clés, on n’aime pas ça. Ni l’un ni l’autre. Ce n’est pas pour nous. Nous, c’est les pinceaux. On est peintres.»

Pour les ayatollahs de la bielle mal ajustée ou de l’admission d’air débridée, l’aventure peut sembler risquée. Mais hormis une erreur de pilotage, les deux hommes ne semblent pas craindre grand-chose. Dans la voiture, le téléphone satellite est à portée de main. Un coup de fil et l’assistance est sur place. «De toute façon, j’ai toujours été un peu inconscient et je vais continuer jusqu’à ma mort, se marre Pierre, dont le seul objectif est de finir la course. Le classement, on n’en a rien à foutre.» Leur 93e place actuelle ne leur donne pas tout à fait tort.

Romain Scotto, à Fiambala (Argentine)
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