Dakar 2012: Le Dakar est-il trop dur?

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Publié le 4 janvier 2012.

RALLYE-RAID - Parcours cassant, chaleur, abandons, accidents...

De mémoire de pilote, on n’a pas souvent sué de la sorte après quatre jours de course sur le Dakar. Avec un thermomètre constamment au-dessus des 40 degrés à l’ombre et un parcours cassant, les concurrents du cru 2012 ont déjà gagné le prix du concours de combis mouillées, depuis l’exil en Amérique du Sud. «C’est de loin le début de course le plus dur que j’ai connu, râle le motard Thierry Béthys, 5 Dakar au compteurs, dégoulinant à l’arrivée au bivouac de San Juan. On n’est que dans des rios, je déteste ça, c’est épouvantable. Ils nous avaient annoncé un Dakar difficile depuis six mois. On y est, là.» Même constat pour le Michaël Pisano, étonné par le niveau de difficulté de cette entrée en matière. «Après quatre jours, je me sens dans le même état que l’année dernière à la journée de repos. Je ne sais pas où ça va aller, mais il y a déjà des chutes…»

L’extrême difficulté des trois premiers jours a déjà mis hors course 48 pilotes, coûté la vie à un amateur et donné de belles frayeurs à d’autres. Le motard amateur Sébastien Coué se souviendra longtemps de son coup de chaud dans les dunes de El Nuhuil. Victime d’hallucinations, le Breton s’est encastré dans une dune, avant d’être retrouvé en hyperthermie, totalement déshydraté. Il a fallu le plonger dans un bac de glace pour le remettre à température.

«On ne peut pas contrôler la météo»

«Je crois que les conditions sont vraiment difficiles, reconnaît David Castera, le directeur sportif. On ferait ça avec vingt degrés de moins et tout changerait.» En débarquant d’Europe, où il fait 4 degrés, les corps ne digèrent pas toujours le choc thermique. Il n’empêche. La nature du tracé n’aide pas les pilotes à s’économiser. Pour Pisano, Castera a fait parler son passé d’enduriste en choisissant des passages très techniques, spécialement pour les motards. «Faux» répond l’auteur du tracé qui se défend d’avoir favorisé les autos. «Evidemment que ce n’est pas facile. Je serais déçu si  ce n’était pas le cas. Le Dakar doit rester dur. Mais on ne peut pas contrôler la météo.»

Pour expliquer les moyennes beaucoup plus élevées que prévu, le «traceur» avance un autre argument. Lors des reconnaissances, le terrain était différent. «On l’a fait l’hiver, reconnaît Castera. Le terrain a évolué par rapport à la pluie. Il y a des bourbiers. C’est pour cela qu’on fait passer une voiture d’ouverture. Elle signale l’évolution.» Tout devrait s’arranger au Chili où la baisse des températures incitera tout le monde à se couvrir, en fin d’après-midi. En entrant dans le désert d’Atacama, les hommes seront moins sollicités sur des pistes dégagées. Cette fois, ce sont les machines qui vont souffrir.

Romain Scotto à Chilecito (Argentine)
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