A six mois de l'Euro-2012 en Pologne et en Ukraine, le football tchèque est ébranlé par le comportement insultant et indécent des joueurs après leur match de barrage victorieux (aller 2-0, retour 1-0) le 15 novembre face au Monténégro.
A six mois de l'Euro-2012 en Pologne et en Ukraine, le football tchèque est ébranlé par le comportement insultant et indécent des joueurs après leur match de barrage victorieux (aller 2-0, retour 1-0) le 15 novembre face au Monténégro. - Michal Cizek afp.com

© 2011 AFP

A six mois de l'Euro-2012 en Pologne et en Ukraine, le football tchèque est ébranlé par le comportement insultant et indécent des joueurs après leur match de barrage victorieux (aller 2-0, retour 1-0) le 15 novembre face au Monténégro. «Au lieu d'être en pleine euphorie, nous sommes plongés dans un problème. Notre succès est dévalorisé», déplorait lundi le chef de la Fédération (FACR), Miroslav Pelta.

Lors de leur retour du Monténégro dans la nuit du 15 au 16 novembre, les Tchèques ont d'abord laissé pleinement éclater leur colère à l'égard d'un de leurs plus impitoyables critiques, l'ex-international Radek Drulak. Devant de nombreux témoins et les caméras, ils ont à maintes reprises entonné dans l'aéroport de Podgorica un chant moqueur à l'adresse de Drulak, avec une insulte répétée sans cesse. Une scène disponible (et largement visitée...) sur le site YouTube. Plusieurs membres de la sélection n'ont cependant pas crié cette insulte, dont le gardien Petr Cech (Chelsea) et l'unique buteur du match, Petr Jiracek (Viktoria Pilsen).

Vice-champion d'Europe 1996 et auteur de 153 buts en Championnat, Drulak avait surtout épinglé le jeu de l'équipe du sélectionneur Michal Bilek lors du match de phase qualificative contre l'Ecosse, le 3 septembre à Glasgow, où les Tchèques n'avaient sauvé le nul 2-2 que grâce à un penalty douteux. Ensuite, durant le vol retour, plusieurs joueurs ont déchiré leurs costumes officiels. Une fois atterris, certains d'entre eux se sont exhibés dans l'aéroport de Prague en caleçon. «Un tel comportement est incompatible avec celui de membres de la sélection», s'est indigné M. Pelta, s'adressant à la presse lundi, au terme d'une réunion du Comité exécutif de la FACR.

Les sanctions n'ont pas tardé, dont une amende de 2 millions de couronnes (78.000 euros), frappant l'ensemble de l'équipe et de son staff. Nombreux sont les supporteurs qui ne cachent pas leur mécontentement, voire leur dégoût. Des appels à un boycott de l'Euro-2012 par les supporteurs tchèques ont même retenti. «Je suis désolé que les joueurs aient tenté de régler leurs comptes (NDLR: avec Drulak) d'une manière aussi malheureuse. En ce qui concerne l'attitude des supporteurs, je la comprends», a confié à l'AFP Vladimir Smicer, ex-joueur du Slavia Prague, Lens, Liverpool (victoire en Ligue des Champions 2005) et Bordeaux. «Nous avons maintenant six mois pour améliorer l'image de l'équipe», a ajouté Smicer, qui occupe le poste de manageur au sein de la sélection.

Selon le porte-parole de la FACR, Jaroslav Kolar, c'est justement le manageur qui est responsable du comportement des joueurs. «Mais je n'arrive pas à imaginer comment j'aurais pu l'empêcher», rétorque Smicer. Le capitaine de la sélection tchèque, Tomas Rosicky, des Gunners d'Arsenal en Premiership anglaise, s'est excusé dès dimanche: «Une émotion incontrôlable et une immense euphorie l'ont emporté sur le bon sens», a-t-il déclaré.

Le scandale a complètement éclipsé le fait que les Tchèques se sont qualifiés pour la cinquième fois d'affilée pour l'Euro, un tournoi qui semble leur convenir très bien (finale en 1996, demi-finale en 2004). Les mauvaises langues rappellent que l'affaire de Podgorica a eu son précédent: en mars 2007, la Fédération avait infligé une grosse amende à la sélection pour une fête arrosée dans une chambre d'hôtel à Prague, le soir d'un match perdu à domicile. La presse populaire avait même fait état de la présence de prostituées. «A partir d'aujourd'hui, une tolérance zéro sera appliquée», a souligné lundi le chef de la FACR.