Le coureur espagnol, Alberto Contador, lors d'un contrôle antidopage pendant le Tour de France, le 19 juillet 2009 à Verbier.
Le coureur espagnol, Alberto Contador, lors d'un contrôle antidopage pendant le Tour de France, le 19 juillet 2009 à Verbier. - E.Gaillard/REUTERS

L’Espagne, le paradis du dopage? C’est en tout cas la thèse avancée par Yannick Noah le week-end dernier. Des propos qui résonnent tout particulièrement aux oreilles de ces Français qui sont partis exercer leur métier de l’autre côté des Pyrénées. «Il faut arrêter de parler sans connaître. Ce n’est pas parce qu’on est Français qu’on a plus de contraintes qu’un Espagnol», réagit Yvon Ledanois, le directeur sportif de l’équipe cycliste Movistar. La lutte anti-dopage à l’espagnole, il en voit la couleur tous les jours. Forcément, le vélo est dans l’œil du cyclone, surtout depuis le cas d’Alberto Contador. «Montrez-moi les chiffres qui prouvent que les Espagnols sont plus souvent pris positifs. Je ne suis pas certain que ce soit le cas», assure Ledanois.

Jérôme Fernandez: «Si les Espagnols sont dopés, qu’est-ce qu’on est, nous handballeurs français, qui gagnons tout depuis quatre ans?» 

Le problème, c’est qu’au pays du triple-vainqueur du Tour de France, on a décidé d’étendre l’hégémonie dans toutes les grandes disciplines. Et que la suspicion vient toujours derrière les succès les plus retentissants. «De la jalousie? Je ne vois que ça», avance Pascal Cygan, qui a passé trois saisons à Villareal avant de terminer sa carrière à Carthagène, en 2e division. Être tout en haut de l’affiche n’est pourtant pas une preuve. «Je serais même tenté de dire que le coureur espagnol est plus contrôlé que le Français. Comme on le suspecte… Forcément», ajoute Yvon Ledanois. Et puis «si les Espagnols sont dopés, qu’est-ce qu’on est, nous handballeurs français, qui gagnons tout depuis quatre ans?» s’amuse Jérôme Fernandez, capitaine de l’équipe de France, qui a passé six saisons à Barcelone. 

Pascal Cygan: «A Villareal, je n’avais pas forcément beaucoup de contrôles, mais je n’en avais pas moins à Arsenal» 

Au quotidien, aucun de ces trois témoins n’a pu constater un laxisme particulier des instances ibériques. «A Villareal, je n’avais pas forcément beaucoup de contrôles, mais je n’en avais pas moins à Arsenal. C’est en France qu’il y en a beaucoup. Je vais même vous dire que c’est en Ligue 1 qu’on avait le plus l’habitude de prendre des substances, genre vitamines», raconte Pascal Cygan. Au handball, «la fréquence des contrôles était comparable à celle qu’on connaît en France. Très souvent, six joueurs étaient contrôlés après les matchs», détaille Jérôme Fernandez. Et quand un fautif se fait finalement attraper, il n’est pas au-dessus des lois. « Si un Espagnol ne répond pas au système de localisation, il a les mêmes sanctions! Il n’y a pas de lois différentes», assure Yvon Ledanois. C’est aussi valable pour la loi du silence.

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