Rugby: La France perd une finale au goût d'injustice face à la Nouvelle-Zélande

COUPE DU MONDE Héroïques, les joueurs de Marc Lièvremont s'inclinent 8-7 après une finale qui laissera des regrets pour l'éternité...

Alexandre Pedro, à Auckland

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La joie des All-Blacks après leur victoire sur la France, le 23 octobre 2011

La joie des All-Blacks après leur victoire sur la France, le 23 octobre 2011 — M.HUTCHINGS/REUTERS

De notre envoyé spécial en Nouvelle-Zélande,

Le rugby sait bien faire les choses. A l’image de l’Afrique du Sud,  il était écrit quelque part que la Nouvelle-Zélande devait gagner sa Coupe du monde.  Pour l’ensemble de leur œuvre, les Blacks n’on pas volé leur titre. Sur les 80 minutes de cette finale, le doute est permis et laisse un sale goût amer dans les bouches françaises. Un goût teinté d’injustice. Toute leur vie, Thierry Dusautoir et ses partenaires risquent de ressasser ces dernières minutes et cet arbitre sud-africain décidé à ne rien décider surtout quand un noir maltraite la règle du hors-jeu. «On savait très bien qu’il n’allait jamais siffler une pénalité contre eux. Il nous fallait un drop ou un essai pour gagner», bredouille dégoûté et abattu Maxime Mermoz.

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Oui, les choses sont bien faites. Vingt-quatre ans après, la Nouvelle-Zélande trône à nouveau sur le toit de la planète rugby. La victoire est petite, 8-7, très loin de la marée noire promise par une presse locale insupportable d’arrogance. «Tout le monde voulait que les All-Blacks soient champions. Voilà, c’est fait», raille Pascal Papé.

Dusautoir répond à Woodcock

Drôle de  destin que celui de cette équipe qui accède finalement à la reconnaissance et à l’amour en perdant le seul qu’elle ne méritait jamais de perdre.  En formant un V géant lors du haka, ces blancs d’un soir ne pensaient qu’au mot victoire, ils ont «seulement» été valeureux. Et bien plus encore. Comme aucune avant elle, la France a relevé le défi physique imposé par les Blacks. Un instant d’inattention lui coûte un essai du pilier Tony Woodcock (14e)  après une combinaison en touche enseignée en première année d’école de rugby. Tactiquement, les Blacks dominent leur sujet en première mi-temps mais la maladresse de Piri Weepu face aux perches maintien l’espoir côté français.

Comme à Cardiff en 2007, la deuxième-temps sonne l’heure de la révolte. Comme lors du quart final gagné, Thierry Dusautoir plonge en terre promise (47e) pour l’essai de l’espoir après une action impulsée par un François Trinh-Duc remplaçant ébouriffant de Morgan Parra. Il reste une grosse demi-heure à disputer et un petit point de débours (8-7). Le doute devient alors néo-zélandais et l’Eden Park baisse le volume. A la 65e minute, François Trinh-Duc rate une pénalité depuis la ligne médiane. L’occasion ne se représentera plus.

Bien conseillé par Richie McCaw, l’arbitre de cette finale ferme les yeux sur les dernières fautes des locaux. Eddie Butler, ancien n°8 du pays de Galles et éditoraliste pour le Guardian, confirme: «L'arbitrage a été minable. C'est inacceptable de voir de tels agissements... C'est à croire qu'on l'on veut rester entre nous (NDLR:  entre anglo-saxons).» Oui, on sait bien faire les choses au rugby. Ah, on allait oublier. L’arbitre en question s’appelle Craig Joubert et Marc Lièvremont disait avoir entièrement confiance en lui. C’était sans doute sa dernière erreur d’appréciation en tant que sélectionneur.

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