Pierre Fosset: «Qu'ils s'occupent d'autre chose que des petites culottes de mes joueuses»

INTERVIEW Le président de Bourges Basket ne comprend pas la polémique qui concerne les affiches de son club...

Propos recueillis par Romain Scotto

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Campagne d'affichage du club de Bourges Basket, lors de la saison 2011-2012.

Campagne d'affichage du club de Bourges Basket, lors de la saison 2011-2012. — Capture d'écran/20minutes.fr

Un fessier  moulé dans une petite culotte orange, un ballon de basket coincé contre la hanche et cette injonction à double sens: «Osez le tango». Depuis quelques jours, la nouvelle affiche du club féminin de Bourges suscite la polémique. Dans un communiqué commun, plusieurs associations (la FASE, la CGT, Attac, le Mouvement pour la Paix et la Ligue des droits de l'Homme) ont fait part de leur indignation. Elles dénoncent une campagne d’affichage «hors sujet» qui «véhicule une image à nouveau dégradée des femmes, des sportives, qui ne seraient que corps, et dont les corps seraient ravalés au rang de bien de consommation. Pierre Fosset, le président du club berruyer s’en défend.

Les critiques touchant votre dernière affiche vous surprennent-elles?

Complètement. D’abord, je ne vois pas ce qu’il y a de choquant. Ensuite, je crois que ces associations ont autre chose à faire que de s’occuper des petites culottes de mes joueuses. Quand on ouvre L’Equipe, il y a cinq rugbymen en slip moulant où on voit bien les parties (sur une publicité Dim). Alors, ça c’est la dégradation de l’homme? C’est un peu marrant. Moi, je ne trouve pas que notre affiche soit sexiste.

Quelle est l’histoire de cette affiche?

On a un programme de trois ans. L’an dernier, on avait les joueuses dans une robe moulante. Le tissu avait le reflet d’un ballon de basket. Cette année, on est passé à la culotte, voilà.

Qui l’a approuvée? Les joueuses ont-elles été consultées?

Non, les joueuses n’ont pas été consultées. On travaille avec une agence de communication. Elle nous a proposé quatre projets. Et puis voilà, j’ai une assistance commerciale, une comptable qui sont des femmes. On en a discuté, elles n’ont pas trouvé ça choquant. J’en ai aussi parlé avec la capitaine dimanche matin. Elle m’a dit: «Mais qu’est-ce que c’est que ces histoires là? Ils sont fous ou quoi?» Ça va un peu loin.

Allez-vous la retirer?

Ah non, je ne vois pas pourquoi. C’est une belle affiche avec une belle fille. C’est associer les qualités d’une femme avec le sport de haut niveau. On n’a pas que des filles loupées, moches, musclées. C’est une belle fille qui fait du sport de haut niveau, c’est tout.

On peut quand même se demander où est le lien avec le basket, non?

Mais le lien avec le basket, ça peut être une belle femme qui fait du sport de haut niveau. En l’occurrence le basket, puisqu’il y a un ballon...

On peut croire que vous résumez le basket féminin aux fesses d’une joueuse…

Ah, mais elles en ont bien quand même. Et quand vous regardez le volley féminin, ce sont des petites culottes comme ça. Et ça leur rentre dans la raie des fesses. Et les nageuses, il ne faut pas les mettre en maillot de bain alors? 

Vous assumez donc le fait de mettre en avant les corps des filles plutôt que leur sport?

Ah bah, quand vous regardez les campagnes de parfum à la télévision, c’est sexiste ou pas? Moi je le trouve puisqu’on fait de l’imaginaire. C’est quand même autre chose que mon affiche. C’est un combat d’arrière garde ça.

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