Le rugbyman anglais Mike Tindall, lors d'un match de Coupe du monde contre l'Ecosse, le 1er octobre 2011 à Auckland.
Le rugbyman anglais Mike Tindall, lors d'un match de Coupe du monde contre l'Ecosse, le 1er octobre 2011 à Auckland. - REUTERS

Alexandre Pedro à Auckland

De notre envoyé spécial à Auckland,

Depuis qu’ils ont posé le pied en Nouvelle-Zélande, les joueurs de l’équipe d’Angleterre enchaînent les victoires poussives et les une des journaux pour leur comportement très «sex, drug and ruck and roll». Si Marc Lièvremont déplore que ses Français sont incapables de vider quelques bières ensemble après une défaite, son homologue Martin Johnson lui ne compte plus les sorties nocturnes et de route de ses troupes. A force l’ancien deuxième-ligne va finir pas croire qu’il n’est pas sélectionneur mais manager de Pete Doherty.

«Si les gars ne peuvent plus sortir et boire quelques bières…»

«Un joueur boit de la bière. On ne le découvre pas aujourd’hui», cherchait-t-il pourtant à minimiser au moment de l’affaire Mike Tindall, son capitaine photographié le 10 septembre dernier, en train d’embrasser et tripoter une jeune femme blonde dans un bar de Queenstown après un concours de lancer de nains. Toujours gênant quand on vient de se marier et que son épouse est la petite fille  la reine Elizabeth II. «Vous parlez de gars qui sont allés boire une bière. C'est ce qui s'est passé, jure l’ailier et arrière Mark Cueto. Qu'est-ce qu'il y a de mal à ça? Si les gars ne peuvent plus sortir et boire quelques bières, nous vivons dans un monde bien triste.»

Journaliste pour la chaîne ITW, Gabriel Clark a vu depuis «2003 et le titre de champion du monde», les rugbymen devenir des gibiers de choix pour la presse tabloïd au même titre que les footballers. «Ils sont bêtes, ils ne comprennent pas qu’ils ne peuvent faire tout et n’importe quoi comme par le passé, surtout avec un membre de la famille royale parmi eux», constate-t-il. Même les Gallois – pas connus pour se coucher avec les poules et tourner au jus d’orange – se tiennent  à carreau en Nouvelle-Zélande. «Jamie Roberts m’a assuré qu’il n’avait pas bu une goutte d’alcool depuis trois mois», explique Clark.

L’affaire de la chambre 510

Les Anglais poursuivent eux sur leur zéro de conduite. Le dernier lièvre levé samedi par la presse britannique relègue pour l’instant  les retrouvailles face aux Bleus en quart de finale au second plan. Une employée de l’hôtel de Dunedin menace en effet de porter plainte contre James Haskell, Dylan Hartley et Chris Ashton. Le 9 novembre dernier, Annabel Newton entre dans la chambre 510 où se trouve le trio pour récupérer son talkie-walkie. Une nouvelle mauvaise blague de ces trois-là pense-t-elle. Sauf qu’à son arrivé, elle voit Dylan Harley faire tomber sa serviette de bain et ses deux camarades suggérer un «Austalian Kiss», une fellation pour parler français. Le tout filmé au portable. L’affaire suit son cours depuis et  les trois fautifs n’ont même pas pris la peine d’envoyer la lettre d’excuse promise par  leur fédération à la jeune femme.

Dernier avertissement, a tonné Martin Johnson, pas prêt non plus à se priver de trois joueurs importants. Cette affaire n’arrange pas la réputation d’un groupe qui ne donne pas toujours l’impression d’avoir la tête au rugby. «On les voit faire du saut à l’élastique, sortir tous les soirs et jouer aux  touristes. On se demande s’ils sont ici pour la Coupe du monde, s’inquiète Gabriel Clark. Heureusement que sur le terrain, ils gagnent, même sans être brillants. A l’anglaise en quelque sorte.» De quoi filer une gueule de bois avant l’heure aux Français.