Cent soixante millions d'euros sont budgétés pour la rénovation de la Meinau.
Cent soixante millions d'euros sont budgétés pour la rénovation de la Meinau. - G. VARELA / 20 MINUTES

A Strasbourg, Floréal Hernandez

Pas d’entraînement, mardi matin au Racing club de Strasbourg. Maître Schaeffer, huissier de justice, est venu constater que les joueurs du Racing ne pouvaient pratiquer leur métier faute d’être encadré par un entraîneur diplômé du DEPF. Lors de ce constat, Thomas Fritz a jailli de sa boîte. Le repreneur à 1 euro du club est arrivé pour se présenter.

Des clauses ubuesques

Les «Qui c’est?» ont fusé dans les rangs des joueurs. Incrédules et mécontents, certains pensaient à une caméra cachée. Mais l’ultime farce de Jafar Hilali est bien là, le propriétaire du Racing a revendu le club à cet informaticien de 32 ans. Celui-ci dit avoir des soutiens argentés «qu’il ne peut citer» et veut s’appuyer sur le modèle des socios espagnols pour gérer le club. «Une structure démocratique», explique-t-il. Parmi les clauses de vente, 10 millions d'euros pour Hilali en cas de qualification en Ligue des champions, 10 de plus en cas de victoire.

«C’est encore un pigeon», grince un employé lassé des rebondissements successifs du club. Jonathan Heibling, porteur d’un projet socios pour le RCS sur Facebook, s’est désolidarisé de l’initiative. Fritz a rencontré les salariés. Tous sont ressortis désabusés. «Il a dit qu’il était prêt à libérer les joueurs qui n’adhéraient pas à son projet», détaille Jacky Canosi. Tristan M’Bongo confie: «Pour moi, c’est trop tard, le club [Beauvais] qui me suivait a engagé un ailier gauche.»

David Terrier, délégué de l’Union nationale des footballeurs professionnels, constate. «Qui dit que cette personne n’est pas un usurpateur? Il s’est présenté avec des bonnes intentions mais sans preuves écrites.» Fritz affirme recevoir l’acte de vente mercredi par FedEx et venir avec des investisseurs, jeudi. La farce n’est malheureusement pas terminée pour les salariés du Racing.