Les Sud-Coréens ont remporté le vote du CIO dès le premier tour.
Les Sud-Coréens ont remporté le vote du CIO dès le premier tour. - R. WARD / REUTERS

romain scotto

«Même une feuille de papier est plus légère si on la porte à deux », dit un proverbe sud-coréen. Pour obtenir les Jeux d'hiver en 2018, les représentants de Pyeongchang ont appliqué les recettes locales. A base de persévérance, de séduction et d'investissement collectif. Huit ans après sa première candidature et après deux refus successifs, cette ville de 48 000 habitants nichée au nord-est du pays a donc eu les faveurs du CIO (67 votes), aux dépens de Munich (25) et d'Annecy (7), battus dès le 1er tour.

La puissance de Samsung
A Durban, où les votants se sont prononcés hier après-midi, l'alternance des continents a sûrement joué, l'Asie n'ayant organisé les Jeux d'hiver qu'à deux reprises (sur 24). La station artificielle d'Alpensia, inaugurée en 2010, a aussi fait forte impression. Pour 1,5 milliard d'euros, la Corée s'est offert un site majeur afin d'accueillir les Jeux. Le financement de l'opération est avant tout l'affaire de Lee Kun-hee, patron de Samsung et membre sud-coréen du CIO. La firme électronique est l'un des principaux partenaires commerciaux du CIO puisqu'elle sponsorise le relais de la torche olympique.
Le marché des sports d'hiver asiatique est jeune et en croissance rapide. Les principales marques n'y sont pas encore implantées. Côté champions, le pays est aussi une nation émergente sur les podiums olympiques. Lors des derniers Jeux de Vancouver, la Corée du sud pointait à la cinquième place du classement des médailles. Une performance due avant tout aux sports de glace. Il reste maintenant sept ans au pays du Matin calme pour s'habituer à la neige.Martin Fourcade
Biathlète, présent hier avec

la délégation française à Durban.
Vous attendiez-vous

à ce que le résultat soit si sévère pour Annecy (7 voix sur 95) ?
Non, pas du tout. C'est un peu le choc. Il y a des gens très déçus. Il faudra apprendre de cet échec pour la suite. A Durban, l'ambiance était bonne, tout le monde était derrière la candidature dans le clan français. Et je crois que ça n'a pas été le cas à un moment. Il a manqué cette unité, le fait que tout le monde avance dans le même sens.
Quel souvenir gardez-vous

de Pyeongchang, où vous avez disputé des Mondiaux en 2009 ?
Pas un grand souvenir… Ce n'est pas un endroit qui a une culture des sports d'hiver. A eux de la créer. En fait, il y a une culture des sports de glace, oui. Mais pas des sports de neige. Si le CIO leur a donné les Jeux, c'est qu'ils avaient quand même un bon dossier.
Serez-vous encore sur le circuit

en 2018, à 29 ans ?
J'espère. Il n'y a pas de mauvais endroit pour être champion olympique. Même si ça aurait été un rêve de finir à Annecy…Recueilli par R. S.