Le meneur de jeu des San Antonio Spurs, Tony Parker, le 18 février 2011, à Chicago.
Le meneur de jeu des San Antonio Spurs, Tony Parker, le 18 février 2011, à Chicago. - J.GRESS/REUTERS

Propos recueillis par Stéphane Marteau, à Lyon

Présent lundi à l’Astroballe pour présenter le projet sportif de l’Asvel, Tony Parker n’a effectué aucune annonce en matière de recrutement mais a dévoilé la philosophie qu’il entend adopter avant d’évoquer son cas personnel.

Pourquoi avez-vous demandé au conseil d’administration de l’Asvel d’accéder à la fonction de directeur général des opérations basket?

Par rapport aux résultats de ces deux dernières années, j’ai souhaité avoir plus de responsabilités dans le domaine sportif. Gilles (Moretton) sera toujours le boss. Mais désormais, c’est Laurent (Foirest) et moi qui décideront du recrutement, en accord avec le coach. Je sais que beaucoup de gens doutent de nous. Mais laissez nous un peu de temps, même si nous sommes prêts à assumer. Vous pourrez donc m’appeler et m’engueuler si l’équipe ne joue pas bien. 

Votre première décision a été de confier la direction de l’équipe à Pierre Vincent…

Je le considère comme un des meilleurs coachs au monde. Si je suis devenu ce que je suis, c’est grâce à lui et à Pop (Gregg Popovich, son coach à San Antonio). Je voulais lui donner sa chance dans le basket masculin et je suis sûr qu’il va nous mener aux objectifs que nous nous sommes fixés. 

Quels sont-ils sachant que le budget est annoncé à la baisse?

On veut quand même rester compétitif et se qualifier pour les play-offs du championnat ainsi que pour la phase de poules de l’Euroligue. La saison prochaine sera une année de transition car notre priorité est le projet de grande salle. Une fois qu’on l’aura, l’objectif sera de figurer tous les ans dans le Top 16 de l’Euroligue. 

Quid du recrutement?

Avec Laurent (Foirest), nous ne voulons pas reproduire les erreurs de ces deux dernières années où on s’est un peu précipité dans le recrutement. Le club a dépensé beaucoup d’argent et a peut-être surpayé certains joueurs. Cette époque est donc révolue. Désormais, on veut prendre notre temps pour prendre les bonnes décisions et faire du bon business. L’an dernier, j’ai aussi été déçu par l’attitude de certains joueurs qui n’ont pas donné le bon exemple à nos jeunes qui sont encore sous contrat et qui constitue 60 % de l’effectif de la saison prochaine. Pour favoriser leur progression, nous ne devons pas nous tromper dans le choix des joueurs majeurs. On ne veut plus de mercenaires, mais des joueurs sérieux et stables, qui ont envie d’évoluer en France, d’apprendre la langue et de s’impliquer dans la ville. L’éventualité d’un lock-out en NBA nous incite aussi à être patients car à mon avis il y aura des coups à faire. 

Justement, en cas de lock-out, envisagez-vous toujours d’évoluer à l’Asvel la saison prochaine?

Arrêtez de parler de ça! Il y a 1% de chance que je joue à l’Asvel la saison prochaine car le coût de l’assurance serait énorme pour le club. 

Comment voyez-vous votre avenir à San Antonio?

Je n’ai jamais envisagé de partir. Ce sont mes amis journalistes qui ont évoqué cette éventualité parce qu’ils aiment bien créer des rumeurs. 

Conservez-vous l’espoir de remporter un nouveau titre avec les Spurs?

J’aimerai bien. Pop et R.C. (Buford, le manager général des Spurs) ont effectué beaucoup de changements mais j’ai confiance dans leur capacité à faire les bons choix. Ce fut quand même très difficile de se séparer de George Hill car tout le monde l’adorait dans l’équipe. Personnellement, je le considérais comme mon petit frère. Mais la NBA, c’est un business.