La joueuse de tennis française, Virginie Razzano, lors de sa défaite au premier tour de Roland-Garros, face à l'Australienne Jarmila Gojdosova, le 24 mai 2011.
La joueuse de tennis française, Virginie Razzano, lors de sa défaite au premier tour de Roland-Garros, face à l'Australienne Jarmila Gojdosova, le 24 mai 2011. - M.Spingler/Sipa

Romain Scotto, à Roland-Garros

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C’était la dernière volonté de celui qu’elle aimait. Virginie Razzano devait jouer Roland-Garros pour honorer la mémoire de son fiancé et entraîneur décédé la semaine dernière des suites d’une tumeur au cerveau. Les cheveux soigneusement rangés vers l’arrière, les joues creusées par le chagrin, la Française a livré un hommage bouleversant à Stéphane, juste après sa défaite contre Gojdosova. Sa force pour jouer ce match, elle la qualifie d’«inexplicable. C’est difficile, ça fait mal. Il voulait que je joue, que je continue ma vie. Il croit en moi. Il sait que j’ai cette force.»

Courageuse dans une salle de presse bondée et solennelle, elle mêle parfois les mots et les larmes. Le débit est lent. Très émouvant. «Il fallait que je le fasse. C’était écrit. J’ai pris mon courage à deux mains. Je n’en ai pas beaucoup. Je suis fragile. Je me sens seule. Je perds quelqu’un qui sera toujours l’homme de ma vie. Que j’aime et que j’aimerai toujours.» Malade depuis plusieurs années, son fiancé se savait condamné. Il l’a longtemps caché à Virginie Razzano, l’incitant à jouer en Fed Cup, puis à la Porte d’Auteuil. Au lendemain de son décès, elle lui avait rendu un premier hommage dans L’Equipe.

Le collier de Stéphane autour du cou

L’histoire est poignante. Elle émeut tous les participants du tournoi. Depuis le début, plusieurs de ses amies dont Cornet, Johansson ou Mladenovic ont d’ailleurs joué avec un petit ruban noir. La joueuse de 28 ans porte, elle, la chaîne de Stéphane autour du cou. Un cadeau offert il y a quelques années à Anvers, pour la Saint-Valentin. «Il le portait tout le temps. Jusqu’à son dernier soupir. C’était moi qui étais avec lui. Je suis sûr que maintenant, c’est sur moi qu’il faut qu’il soit. Cela me réconforte.»

Pour avancer, la 93e joueuse mondiale doit maintenant «se retrouver». Le tennis sera pour elle une thérapie. Une façon de prolonger ce qu’elle a toujours fait en couple et qu’elle compte bien poursuivre à l'avenir. Le moment venu, elle pensera à son prochain tournoi. «Quand on a fait notre programme, je voulais rentrer à la maison (ndlr: à Nîmes) après Roland-Garros pour le voir.» Ce jour-là, pour la protéger, Stéphane lui avait juste répondu: «On verra.»