Novak Djokovic juste après sa victoire au tournoi de Miami contre Rafael Nadal, le 3 avril 2011.
Novak Djokovic juste après sa victoire au tournoi de Miami contre Rafael Nadal, le 3 avril 2011. - A.INNERARITY/REUTERS

© 2011 AFP

Novak Djokovic, N.2 mondial sur le papier, est l'incontestable N.1 sur le terrain: le Serbe a battu Rafael Nadal (N.1) dimanche en finale du Masters 1000 de Miami pour s'adjuger son quatrième titre de la saison et rester invaincu avec une 24e victoire consécutive. Invaincu ne veut pas dire invincible et la transition vers la terre battue, le royaume de Nadal, pourrait ramener Djokovic à la réalité mais, après le premier quart de la saison, le Serbe n'a toujours pas trouvé son maître. Cette année, il a battu Andy Murray en finale de l'Open d'Australie, Roger Federer par trois fois en l'espace de deux mois (dont à Dubaï en finale) et Rafael Nadal à deux reprises en finale (Indian Wells et Miami) pour devenir le quatrième depuis 1990 à gagner la même année les trois grands tournois du début de saison après Federer (2006), Andre Agassi (2001) et Pete Sampras (1994).

«Si on m'avait dit ça en début de saison, j'aurais signé tout de suite, je ne m'y attendais pas, a affirmé le Belgradois de 23 ans. C'est la récompense de tout mon travail. Je consacre 100% de mon temps à ce sport. Même quand je traversais une période de crise il y a un an, je savais que ça paierait.»  «Aujourd'hui, je suis plus stable sur le terrain, physiquement et émotionnellement et réussir à gagner un tel match face à quelqu'un qui est aussi fort mentalement que Rafa, ça veut dire beaucoup», a-t-il ajouté.

«Je pense que Novak va devenir N.1»

«Je pense que Novak va devenir N.1, dans un mois, dans deux mois, je ne sais pas quand, ça dépendra de mes résultats sur terre battue», a indiqué Nadal qui aura énormément de points à défendre sur cette surface après ses titres à Monte-Carlo, Rome, Madrid et Roland-Garros en 2010.  Dans un match au couteau, ponctué d'échanges titanesques, de courses folles et de coups gagnants magistraux, Djokovic est venu à bout de Nadal 4-6, 6-3, 7-6 (7/4) après un marathon de 3 h 21 minutes sous la chaleur alors que l'Espagnol a par deux fois été à deux points du match sur service adverse.

«Novak était tout simplement trop fort pour moi. Physiquement, il a été parfait, il court après toutes les balles, même si les échanges sont longs. On dirait qu'il est moins fatigué qu'avant», a commenté Nadal, qui n'a toujours pas gagné à Miami après trois finales (2005, 2008, 2011). Nadal a mieux entamé le match, prenant deux fois le service du Serbe pour mener 4-1 alors que ce dernier n'avait pas encore perdu sa mise en jeu de tout le tournoi et le Majorquin enlevait le premier set après déjà une heure de jeu. Mais Nadal perdait son premier jeu de service du deuxième set et cela suffisait à Djokovic, redevenu solide au service (une seule balle de break à défendre dans ce set), pour revenir au score.

«Jusqu'au dernier point, je n'ai eu aucune idée de l'issue de ce match»

La pression était à son comble dans la dernière manche. Chaque joueur semblait à tour de rôle au bord du KO sur sa mise en jeu, à 15-30 ou 0-30. Djokovic, qui chassait inlassablement toutes les balles, avait l'ascendant sur Nadal dans les longs échanges mais ses erreurs maintenaient l'Espagnol à flot. Nadal se trouvait par deux fois à deux points du match dans le 12e jeu, sur service adverse, mais Djokovic ne pliait pas, tenant le coup au service.

Dans le jeu décisif, Nadal menait 2-1 avec un mini break d'avance mais perdait ses trois points de service suivants, le deuxième sur sa sixième double faute du match et le dernier sur un des 40 coups gagnants du Serbe, pour se retrouver à 2-6 face à quatre balles de match. «Jusqu'au dernier point, je n'ai eu aucune idée de l'issue de ce match. C'est l'une des meilleures finales que j'ai jouées dans ma vie», a expliqué sur le court Djokovic, casquette aux couleurs de la Serbie vissée sur la tête.