Ça sent déjà le traquenard à plein nez. A deux jours de la réception du Losc, la pelouse du Schlossberg, le stade de Forbach, n'est pas encore prête. La faute à la neige qui s'est abattue depuis deux mois en Moselle. « Ici, on n'est pas la métropole de Martine Aubry, on n'a pas trop de moyens pour déblayer rapidement », balance d'emblée Marcel Da Soler, le président de l'US Forbach, actuel 7e de son groupe de CFA 2. Pourtant, au club, personne ne s'inquiète. Promis, juré, tout sera prêt samedi pour accueillir les Dogues, « même si le terrain ne sera pas de très grande qualité », reconnaît Salem El Foukhari, l'entraîneur forbachois. Pelouse pourrie, stade à guichets fermés (6 000 places), l'air de rien Lille devra se méfier en Lorraine. Surtout qu'en face, c'est quasiment l'honneur d'une ville qui va se jouer.

L'honneur du bassin houiller
Car à Forbach, les mercenaires ne sont pas légion. Ici, tout le monde est issu du cru et partage la même histoire, celle du bassin houiller « 70 % de l'équipe a des parents ou des grands parents qui étaient mineurs. Quand nos pères parlent de la mine, vous avez presque les larmes aux yeux. ça nous a donné des valeurs comme la solidarité, la générosité ou la fraternité. Français, Polonais, Italiens, Maghrébins, il y a un mélange très riche dans la ville et dans le groupe », dévoile Salem El Foukhari. Du coup, même si l'équipe, qui n'a joué qu'un match sur les deux derniers mois, est en manque de rythme, Forbach ne se fait pas une montagne du choc face au Losc « On a déjà reçu le Bordeaux de l'époque Zidane (1996), le Lens qui jouait la Ligue des champions (2003). On est habitué aux grands événements. Même si on sait que ça va être très compliqué face à des attaquants de qualité comme Hazard ou Gervinho », poursuit le coach mosellan. Marcel Da Soler est encore plus radical. « C'est du 50-50, ose affirmer un président forbachois très attaché au Losc. Au risque de faire vieux con, je me rappelle très bien du grand Lille des années 1950 avec Baratte et Sommerlynck. C'est mon premier club de cœur. » Et nul doute que ça le sera encore plus si le leader de Ligue 1 tombe samedi dans le traquenard du Schlossberg.

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