LeBron James, le 18 octobre 2010 à Miami.
LeBron James, le 18 octobre 2010 à Miami. - M.Serota / AFP

Nicolas Buzdugan

Chris Bosh a répondu avec ses armes. Oui, le troisième homme fort du Heat de Miami ne sait pas défendre. Et alors? Il est toujours capable de gros cartons offensifs. Avec ses 35 points mercredi soir contre Phoenix, l'ancien Raptor a rappelé à tout le monde ce qui fait sa force: l'attaque.

L'ailier fort a permis au passage à Miami d'empocher une septième victoire en onze matchs. Ce qui n'effacera pas un début de saison sous forme de grand désenchantement pour la franchise floridienne annoncée peut-être un peu vite comme une Dream Team avec son trio de superstars LeBron-Wade-Bosh.

Déjà humiliés

Sur le papier, c'est explosif. Le problème, c'est que l'ensemble est encore extrêmement instable, faute d'une réelle complémentarité et d'un déficit d'impact défensif à l'intérieur. Les role player que sont Ilgauskas, Haslem, Arroyo et autre Eddie House, censés apporter leur écot des deux côtés du terrain, ne sont pas non plus au diapason.

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La bonne nouvelle, c'est que Miami est malgré tout capable de défendre dur en limitant l'adversaire sous les 90 points. Et son attaque ne peut que progresser à mesure que les systèmes seront assimilés. La mauvaise, c'est que, privés de gros rebondeur et de défenseur intérieur digne de ce nom, ils ont été punis deux fois par les Celtics, finalistes 2010, et ridiculisés par les Jazz d'Utah - et les 46 points du seul Paul Millsap, bourreau de Chris Bosh. De quoi  épuiser leur quota de jokers vis-à-vis des fans et des spécialistes et laisser entrevoir de nombreuses brèches dans leur belle armure.

LeBron, idole reniée

Que les fans du Heat se rassurent, LeBron James évolue lui toujours sur sa propre planète, malgré des stats logiquement en baisse (22,3 points, 5,6 passes, 8,9 rebonds) par rapport à ses dernières saisons à Cleveland. Mais ça ne suffit pas. Ca ne suffit plus pour «King James». En quittant sa ville natale pour rejoindre son pote Wade et les sunlights de South Beach, LeBron James a signé cet été le transfert le plus retentissant de l'histoire du sport américain. Pour une addition de talents à la réussite programmée.

Sauf que le double MVP de la ligue ne s'est pas vraiment rendu service. Raillé pour son arrogance et tout le tremblement qui a entouré sa fameuse «Decision», renié pour son manque de fidélité envers son club de toujours et pour avoir négliger une équipe de New York qui avait tout fait pour le faire venir, LBJ n'avait sans doute pas mesuré le fardeau qu'il allait devoir porter. Et la cote de désamour que son départ en Floride allait engendrer.

Un coach déjà viré?

Et si certains pensaient que les «Tres Amigos» feraient taire les mauvaises langues sur le terrain, ils en sont déjà pour leurs frais. Si la mayonnaise ne prend pas rapidement, il va falloir trouver des coupables. Et le premier à payer les pots cassés sera sans doute Erik Spoelstra. Jeune et inexpérimenté, le coach du Heat a du mal à gérer son nouveau jouet. Et si les victoires ne s'empilent pas à la chaine rapidement, le grand manitou du club, Pat Riley, procédera à son petit remaniement.

Et pendant ce temps là, c'est le record de victoires des Bulls de Michael Jordan en saison régulière (72-10), que certains annonçaient déjà en péril, qui peut dormir en paix. Car cette équipe du Heat, bâtie pour marcher sur l'eau, est encore loin d'être une machine à gagner.

«The Decision», le jour où LeBron a fait basculer sa carrière:

 Une parodie avec Steve Carell (parmi les dizaines qui ont fleuri sur l'Internet):

 Paul Millsap donne une leçon aux Heat: