L’accusation est grave. La Licra (Ligue internationale contre le racisme et l'antisémitisme) a accusé mardi des policiers de «complaisance» sur le racisme de certains supporters du PSG. Des déclarations qui n'ont pas du tout plus aux syndicats de police qui évoquent une «méconnaissance» des réalités du terrain.

Des cris racistes

«Nous considérons qu'il y a des signes de complaisance de la part d'une minorité au sein des services de police qui n'agissent pas quand des choses inacceptables se produisent, a accusé le président de la Licra, Me Jackobowicz, au cours d'une conférence de presse. En cause, le comportement des forces de police présentes autour du Parc des Princes, notamment lors des violences qui ont marqué le match PSG-OM le 28 février. «Quand il y a 150 nervis qui crachent la haine raciste et en face 1.500 policiers qui restent de marbre, je m'interroge.» Le président de la Licra a évoqué des cris de «Hitler président» ou «A bas les bougnouls» de certains supporters. Me Jackobowicz estime que les policiers doivent intervenir dès le moment où une injure est lancée. «On refuse de voir la racine du mal», a-t-il estimé. Au lendemain des violences à Lille entre supporters parisiens, certaines voix s'étaient déjà interrogées sur le fait que les policiers n'arrêtent personne.

Au pouvoir judiciaire de les arrêter

CRS, gendarmes, RG et «spotters» (chargés de la reconnaissance des hooligans), plus de 1.500 personnes étaient en effet chargées de la sécurité autour du PSG-OM dont l'avant-match avait été gangréné par des violences entre supporters parisiens. «En France, nous sommes les meilleurs en matière de maintien de l'ordre. On exporte nos techniques en Afrique, en Amérique du Sud. Et s'il y a bien un adage connus de nos services, c'est de ne pas créer plus de troubles que l'on est chargé d'en réprimer», explique Patrice Ribeiro, secrétaire national adjoint du syndicat Synergie qui a travaillé au Parc des princes et estime qu'intervenir pendant le match mettrait le feu aux poudres. «Cela pourrait créer des mouvements de foules alors que 99% des gens sont venus en famille au stade. Tous ces individus sont connus et fichés. C'est au pouvoir judiciaire de décider de les arrêter ailleurs qu'aux abords d'un stade», conclut le policier.